« L’inflation est le plus grand poison pour l’économie mondiale », selon le PDG de la Deutsche Bank

Divers facteurs exercent une pression sur l’économie mondiale. Pourtant, l’inflation est ce qui inquiète le plus Christian Sewing, PDG de la Deutsche Bank.

Les chaînes d’approvisionnement s’enlisent en raison de la résurgence post-pandémique de la demande et des fermetures dues au coronavirus en Chine. Les sanctions prises à la suite de la guerre de la Russie en Ukraine font grimper les prix de l’énergie à des sommets sans précédent. Il y a même une véritable crise alimentaire à l’horizon.

Pourtant, M. Sewing considère la dépréciation monétaire comme la plus grande menace pour l’activité économique mondiale. Le PDG de la plus grande banque allemande l’a déclaré dans une interview accordée au média économique américain CNBC.

Mesures

« Je dirais que l’inflation est la chose qui m’inquiète le plus et donc je pense que le signal que nous avons reçu des banques centrales, que ce soit de la Fed mais maintenant aussi de la BCE, est le bon signal », a-t-il lancé. « Nous devons lutter contre l’inflation, car au final, l’inflation est le plus grand poison pour l’économie. »

La hausse des prix à la consommation dans la zone euro a atteint un nouveau record de 8,1 % en mai. L’inflation sévit également aux États-Unis, où elle a augmenté de 8,6 % en glissement annuel en mai, soit la hausse la plus haute depuis 41 ans. La flambée des prix de l’essence, des denrées alimentaires et des logements fait mal aux Américains. Les données de Google Trends montrent que le mot « récession » n’a jamais été autant recherché par les Américains que la semaine dernière depuis 2004.

C’est pourquoi la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine, la Banque nationale suisse et la Banque d’Angleterre ont toutes annoncé la semaine dernière des mesures visant à freiner la dépréciation monétaire dans leurs zones économiques respectives.

« Tempête parfaite »

Mais même si les banques centrales commencent à resserrer leur politique monétaire, le risque de récession reste élevé en Occident, a déclaré M. Sewing. Il a évoqué la guerre en Ukraine : la dépendance de l’Europe à l’égard des produits énergétiques russes rend le continent particulièrement vulnérable au conflit et à un éventuel arrêt des flux de gaz russe.

« Une chose est claire : s’il y a un arrêt soudain du gaz russe, alors bien sûr les chances de récession sont beaucoup plus élevées. Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il déclaré.

« Dans l’ensemble, nous sommes confrontés à une situation tellement difficile que la probabilité d’une récession – même en Allemagne ou en Europe – en 2023 ou l’année suivante est plus grande que ce que nous avons vu au cours de toutes les années précédentes. »

Compte tenu de la confluence des défis, M. Sewing a déclaré qu’il se fiait de moins en moins aux modèles traditionnels. En effet, l’économie est confrontée à une « tempête parfaite » de « trois ou quatre leviers réels qui pourraient finalement provoquer une récession », a-t-il conclu.

(JM)

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