Les ‘très bonnes nouvelles’ venues d’Israël et de sa campagne de vaccination ultra-rapide

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La campagne de vaccination éclair initiée par Israël depuis un mois commence à montrer de premiers signes encourageants. Les premiers résultats préliminaires dévoilés par les autorités semblent indiquer un taux d’infection extrêmement bas chez les personnes vaccinées.

En Israël, une personne sur trois a d’ores et déjà reçu au moins une première dose du vaccin contre le Covid-19 développé par Pfizer et BioNTech. Environ 70% des plus de 60 ans ont même déjà reçu les deux doses recommandées.

Le pays vaccine jusqu’à 200.000 personnes par jour – pour une population totale d’environ 9 millions d’habitants – grâce à la mise en place de la campagne de vaccination la plus rapide du monde. L’État hébreu espère avoir vacciné toutes les personnes âgées de plus de 16 ans d’ici la fin du mois de mars.

Depuis la semaine dernière, la vaccination a d’ailleurs été étendue aux plus de 35 ans, ainsi qu’aux jeunes entre 16 et 18 ans dans l’espoir de leur permettre de passer leurs examens dans le secondaire.

0,002% d’hospitalisation

Le ministère israélien de la Santé a publié la semaine dernière les premiers résultats préliminaires officiels de cette campagne de vaccination à marche forcée: sur 715.425 personnes qui ont reçu les deux doses du vaccin, seulement 317 d’entre elles (0,04%) ont été infectées une semaine après la seconde injection. Et parmi ces personnes infectées, à peine 16 ont dû être hospitalisées, ce qui représente 0,002% du total.

Cité par le quotidien britannique The Guardian, le prestataire de soins de santé Maccabi Healthcare Services a également publié jeudi dernier une étude encourageante, même si de moindres envergures que les chiffres du ministère de la Santé: sur 163.000 personnes ayant reçu les deux vaccins, seulement 31 ont été infectées. Dans un groupe témoin de personnes non-vaccinées, ce sont 6.500 infections qui ont été détectées.

Selon Maccabi Healthcare Services, ces données suggèrent une efficacité de 92% pour le vaccin Pfizer/BioNTech. ‘C’est une très, très bonne nouvelle’, a déclaré le Dr Anat Ekka Zohar, vice-président du prestataire de soins de santé, dans la presse israélienne.

Prudence

Toutefois, les experts soulignent que les données communiquées par Israël sont bien préliminaires et qu’elles doivent donc être analysées avec prudence, notamment à cause des nombreux biais inhérents à une campagne de vaccination à grande échelle. ‘Lorsque vous vaccinez à l’échelle nationale, il y a beaucoup de facteurs de confusion. Ce n’est pas un essai clinique’, a déclaré Eran Segal, un biologiste informaticien de l’Institut Weizmann, dans The Guardian.

Parmi les biais qui peuvent influencer les données, figurent:

  • Les mesures strictes de confinement décidées par les autorités pour tenter d’enrayer la troisième vague épidémique qui a déferlé sur le pays.
  • Mais aussi le non-respect de ces mesures par différents groupes au sein de la population.
  • L’apparition du variant britannique du coronavirus, qui se révèle plus contagieux.
  • Le fait que les premières personnes à avoir reçu le vaccin faisaient pour la plupart partie des groupes les plus vulnérables. Des personnes plus susceptibles d’être hospitalisées en cas d’infection, mais également plus enclines à respecter les gestes barrières.
  • Etc.

Pour toutes ces raisons, les études préliminaires peuvent donc donner des résultats différents selon le moment où elles sont effectuées.

Mais malgré ces limites, ‘il y a certainement des indications positives’, a néanmoins ajouté Eran Segal. ‘Nous devrions commencer à voir les chiffres diminuer, tant pour les maladies graves que pour les infections.’