Les ressemblances physiques extrêmes vont plus loin qu’on ne le pensait

Les personnes non apparentées avec des visages très similaires – les sosies – partageraient plus qu’une ressemblance physique. Une étude suggère en effet que ces personnes présenteraient également des tailles, des poids, des habitudes et des comportements semblables.

Vous avez sans doute déjà fait l’expérience de croiser quelqu’un dans la rue qui ressemblait à s’y méprendre à l’un de vos proches, sans que ça soit effectivement cette personne. Les sosies, plus ou moins extrêmes, sont plus fréquents qu’on ne le croit à l’échelle de la population mondiale. Il n’y a qu’à regarder certaines stars. Or, selon une récente étude, ces personnes dont le visage se ressemble traits pour traits partageraient bien plus.

Des gènes communs

Des chercheurs ont effectué des analyses génétiques sur 16 paires de sosies et ont découvert que 9 d’entre eux étaient des sosies « ultra », du fait qu’ils partageaient un nombre important de variations génétiques.

Pour en arriver là, les chercheurs ont pris 32 couples de personnes non apparentées qui se ressemblaient et les ont soumis à 3 algorithmes de reconnaissance faciale. La moitié d’entre eux ont été classées comme sosie par les algorithmes.

Sur les 9 paires de sosies « ultra », les analyses génétiques ont permis de déceler que les couples partageraient 19.277 variations génétiques communes dans 3.730 gènes, dont beaucoup sont liés aux traits physiques.

À noter que si ces sosies présentent des similitudes génétiques, cela ne signifie pas qu’ils sont jumeaux ni des âmes sœurs qui se sont égarées. Les similitudes génétiques représentent en réalité un sous-ensemble distinct de la ressemblance humaine. Un domaine d’étude qui pourrait être approfondi dans les prochaines années et permettre de prédire comment un individu pourrait grandir et vieillir.

Habitudes et comportements similaires

Mais leur étude a permis aux chercheurs d’établir que les sosies partageaient plus encore. Il est en effet question que les « doubles » présentent certaines caractéristiques de mode de vie similaires, comme le tabagisme et le poids, mais aussi, plus étonnant encore, le même niveau d’éducation.

Ils ont cependant noté que la façon dont vivaient les sosies avait un impact sur leur génome. Le microbiome de chaque personne est fortement influencé par des facteurs environnementaux, notamment la nutrition, l’exercice ou encore le tabagisme.

« Nous avons fourni un aperçu unique des caractéristiques moléculaires qui influencent potentiellement la construction du visage humain », a expliqué le scientifique biomédical Manel Esteller de l’Institut de recherche sur la leucémie Josep Carreras, à Eurekalert. « Nous suggérons que ces mêmes déterminants sont en corrélation avec les attributs physiques et comportementaux qui constituent les êtres humains. »

Des résultats « frappants »

Les auteurs de l’étude sont conscients que leur échantillon est trop petit pour en tirer des conclusions générales, mais ils estiment malgré tout que leurs résultats sont « frappants ». « Ces résultats ne fournissent pas seulement des indices sur le cadre génétique associé à notre aspect facial, et probablement d’autres traits de notre corps et de notre personnalité, mais mettent également en évidence à quel point ce que nous sommes et ce qui nous définit est réellement hérité ou plutôt acquis de notre vivant », écrivent-ils dans leur rapport publié sur la plateforme Cell Reports.

Si les jumeaux représentent un domaine de recherche populaire dans le domaine de la génétique, ce n’est pas vraiment le cas des soies. Les résultats de cette étude pourraient changer cela.

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