Les hospitalisations repartent à la hausse: l’assouplissement des mesures restera un vœu pieux

De Brusselse Nieuwstraat. – Isopix

Comme le craignaient certains experts et le ministre de la Santé, les chiffres sanitaires se détériorent. L’assouplissement des mesures voulu par le MR pour le 18 décembre restera lettre morte.

La sortie de Pierre-Yves Jeholet (MR), le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce week-end, a été assez mal perçue. Jugée infaisable, cette volonté d’assouplir les mesures émanait-elle uniquement des libéraux francophones ou était-elle contresignée par Ecolo et le PS, dans la majorité ? Pas de réponse précise.

Mais Elio Di Rupo (PS) tranche publiquement la question. Dans une interview accordée à la DH ce mardi, le ministre-président wallon juge les chiffres ‘très inquiétants’, et ne veut ‘pas toucher à la bulle sociale de Noël’. Un Comité de concertation sera bien à l’agenda le vendredi 18 décembre, mais c’est ce qui était déjà prévu, malgré la sortie des libéraux de week-end.

Il est prévu de parler vaccin, de mettre en place les contrôles pour les retours de vacances, et de discuter des chiffres. En l’état, un assouplissement des mesures est de l’ordre de l’impossible. Impensable que le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a) et les avis des experts diffèrent par rapport au dernier comité de concertation. Les chiffres doivent atteindre un plancher avant d’envisager un changement, ont-ils expliqué en longueur. Seule la permission pour les travailleurs de contact (coiffeurs, esthéticiennes…) d’exercer pourrait être envisagée. Possible, estime Di Rupo, si ‘très contrôlée’.

Les chiffres

Parlons chiffres justement. Après quelques bugs, Sciensano a finalement livré les chiffres du jour. Et ils ne sont pas bons.

  • 144 nouvelles hospitalisations ont été enregistrées ces dernières 24 heures, contre 120 mardi dernier.
  • Le nombre total de personnes hospitalisées repart lui aussi à la hausse à 3.276 contre 3.163 dimanche.
  • Le nombre de décès continue de descendre, mais reste relativement élevé avec 66 décès en 24 heures. Avec 17.320 morts la Belgique reste le pays du monde le plus meurtri par million d’habitants (dans les pays de plus d’un million d’habitants).
  • Enfin le taux de reproduction se rapproche dangereusement de 1 à 0,95% alors qu’il était retombé à 0,8% fin novembre.

Sciensano.

Pourquoi cette remontée des indicateurs ?

La décision de rouvrir les commerces non essentiels est sans doute trop récente pour expliquer cette remontée des chiffres, ou du moins leur stagnation. La réouverture des écoles peut être un élément de réponse par rapport à la mi-novembre. La météo qui s’est dégradée également.

Mais selon les experts et les politiques francophones, la raison est plutôt à aller chercher dans le respect des mesures. Marius Gilbert, épidémiologiste, l’expliquait hier soir dans le JT de la RTBF: ‘Lorsque l’on est dans une phase descendante comme on l’a été en cette fin novembre, la population ferait moins attention. C’est assez humain.’ Pour lui, la seule manière de lutter contre ce non-respect des mesures est d’adresser à la population un message d’esprit collectif.

Les sorties des politiques francophones autour d’un assouplissement des mesures sont assez incomprises au nord du pays. Un simple populisme ? Dans La Libre, une source politique explique le sentiment de certains francophones : ‘On sent bien que beaucoup de gens ne respecteront pas la bulle sociale pour Noël. Il vaut donc mieux lâcher un peu de lest afin d’inciter la population à rester dans le cadre. Il vaut mieux avoir 80 % de la population qui se conforme à des directives assouplies plutôt que de rester inflexible sur les mesures et n’avoir que 10 % des gens qui les respectent…’