Les Français prennent toujours l’apéro, mais consomment de moins en moins d’alcool. Qu’en est-il en Belgique ?

En France, les producteurs de boissons alcoolisées doivent s’adapter à une nouvelle tendance de consommation des Français : l’apéro oui, mais l’alcool de moins en moins. De quoi voir se multiplier des vins « légers » et des spiritueux « pour tous ».

Depuis quelques années, le marché des bières sans alcool connait un véritable boom. De quoi pousser les brasseurs à se passer – en partie – de l’éthanol de leurs bières pour abreuver les Français. La filiale française du danois Carlsberg, Kronenbourg, vient justement de sortir une version 0,0% de la fameuse 1664. Et elle est loin d’être la seule, le deuxième plus gros brasseur mondial, le néerlandais Heineken, s’est également lancé sur le créneau en 2017, comme le rappelle BFM.

Une boisson différente des premières

Les bières sans alcool ne datent en réalité pas d’hier. Dès les années 80, on pouvait déjà en voir dans les rayons des magasins, mais le succès ne fut pas au rendez-vous. En tout cas, pas comme aujourd’hui. Grâce à de nouvelles méthodes d’élaborations, les bières 0,0% actuelles sont tout simplement bien meilleures.

« Aujourd’hui, en termes de goût, à l’aveugle, il est souvent difficile de faire la différence avec une bière alcoolisée », expliquait récemment Elisabeth Pierre, autrice du Guide Hachette des bières, à BFM.

De quoi convaincre les consommateurs à passer le cap des bières sans alcool et cela se ressent du côté des ventes. Heineken a ainsi enregistré une croissance à deux chiffres pour sa bière 0,0%, selon son dernier rapport annuel. Il ne lui en fallait pas plus pour adapter l’ensemble de sa gamme à la nouvelle demande : Desperados, Birra Moretti, Amstel adoptent le sans alcool.

Des « spiritueux » sans alcool

Mais les bières ne sont pas les seuls à perdre leur ivresse, les spiritueux font aussi une croix dessus. Surfant sur le mouvement des mois sans alcool, de nouvelles marques de boissons sans éthanol ont fait leur apparition en reprenant les codes marketing des bouteilles de gin.

Une pratique assez normale puisque la plupart sont en réalité liées à de grands distillateurs. Tous les géants du secteur des breuvages alcoolisés se sont en effet laissés porter par cette nouvelle tendance, amplifiée par les confinements.

Des boissons « low alcohol »

Mais tout n’est pas ou tout blanc ou tout gris sur le marché des boissons alcoolisées. Entre celles avec et celles sans alcool sont apparues les boissons « low alcohol ». Il s’agit de principalement de vins dont la teneur en alcool est moindre. C’est d’ailleurs un excellent moyen pour les industriels de concurrencer la bière, souvent moins alcoolisée que les vins traditionnels.

Alors la France, pays du vin par excellence, se désintéresse-t-elle de l’alcool ? S’il y a bien une tendance qui se démarque, elle ne concerne encore aujourd’hui qu’une part infime de la population, bien qu’en 60 ans, la consommation a radicalement baissé. Et la pandémie y est certainement pour quelque chose. Confinés, les Français avaient moins l’occasion de décapsuler une bière ou de déboucher une bonne bouteille de vin.

Et chez nous ?

Les breuvages sans alcool ont de plus en plus la cote en Belgique. Ils prennent en effet toujours plus de place dans les rayons des magasins. Là encore, le mouvance « tournée minérale » qui met au défi les Belges de se passer d’alcool pendant un mois y est là encore certainement pour quelque chose.

Le fait est que le secteur a connu un véritable boom ces dix dernières années, comme l’a confirmé Arnaud Jacquemin, fondateur d’Univers Drink, société liégeoise spécialisée dans les boissons festives non alcoolisées, à la RTBF. En 2020, le secteur a grignoté 3% supplémentaires des parts de marché des boissons.

L’une des explications à cela reposerait tout simplement sur la plus grande considération de la population pour sa santé. Une explication également avancée pour la France.

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