Les Diables Rouges montent sur le terrain de la crypto avec des NFT officiels

Belle percée techno en plein Euro pour notre équipe nationale. La Fédération belge a conclu ce vendredi un accord de licence officielle avec Sorare, référence mondiale de fantasy sport avec sa plateforme de gaming à la croisée des cartes Panini et du jeu Football Manager.

« Le projet NFT le plus excitant du moment », estime Peter Bossaert, CEO de la Fédération royale belge de Football (RBFA), se félicitant de l’innovation en matière d’expérience et d’engagement des supporters que promet cette nouvelle licence. Grâce à l’accord signé avec la pépite parisienne Sorare, nos Diables Rouges disposent désormais de jumeaux numériques sur la plateforme de jeu en ligne du même nom.

Les internautes pourront d’emblée collectionner et échanger des cartes numériques de De Bruyne, Lukaku, Hazard en sélection nationale, mais pourront surtout construire avec ces footballeurs belges leurs propres équipes à manager. Et ce, en vue de gagner des points basés sur les performances réelles et pourquoi pas remporter des prix dans cette coupe du monde virtuelle permanente. À la clé, des récompenses sous forme de cartes exclusives ou encore de cryptomonnaies.

C’est donc bien plus que des Panini 2.0. qu’on aurait simplement tokenisées. La plateforme gaming repose sur Ethereum, et plus précisément sur le standard ERC-721 de la blockchain dédié au développement de NFT. L’avantage de ces actifs numériques étant qu’ils sont comme leur nom l’indique non fongibles, ni imitables ni falsifiables. Le système permet alors d’établir la rareté de ces derniers et contrôler leurs transactions.

Des champions ces Belges

Si elle arrive en troisième position des équipes nationales disponibles sur Sorare, après les Bleus et la Mannschaft, la Belgique devient néanmoins le premier pays où la division professionnelle, la Pro League, et la fédération nationale sont présentes dans le jeu en ligne.

C’est que la relation entre la start-up française et le football belge reste historique. La Pro League avait conclu la première en 2018 l’émission de crypto-cartes pour ses 24 clubs professionnels. Un partenariat inédit dans le monde à l’époque, qui avait ouvert la voie à d’autres ligues et équipes européennes. L’annonce de ce vendredi marque dès lors une nouvelle étape déterminante pour Sorare.

« Nous sommes fiers d’accueillir la génération dorée de la Belgique. Nous pensons que les Diables Rouges ont de fortes chances de remporter l’Euro mais aussi le prochain titre de champions du monde », souligne Nicolas Julia, cofondateur et CEO de Sorare.

L’étape se veut tout aussi positive pour la RBFA, dont les perspectives de bénéfices en 2020 ont été balayées par la pandémie. Avec les NFT des Diables, la Fédération peut offrir aux supporters de nouvelles possibilités de vivre leur passion, tout en explorant de nouvelles et appréciables sources de revenus. Les organisations sportives récoltent en effet une part du prix de la première mise aux enchères des cartes, le pourcentage variant en fonction des termes du partenariat.

Un marché dans le marché

Rappelant à chaque dévoilement de licence que sa mission est de bâtir « un jeu dans le jeu », Sorare démocratise aussi en fait l’accès à l’industrie des collectibles, ces objets de collection digitaux, tout en alimentant un marché dans le marché crypto. Une place financière que certains adeptes de la blockchain saluent pour les meilleurs fondamentaux, en comparaison aux cryptobourses hyper volatiles.

Car si le détail peut échapper aux non-initiés, la valeur de tous ces footballeurs nftéisés peut évoluer au rythme de leurs carrières, leurs stats et leurs transferts dans le monde physique, 140 clubs évoluant déjà sur Sorare.

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, épinglons quelques transactions parmi les plus coûteuses de joueurs belges. Avec notamment la carte estimée « unique » du gardien Maarten Vandevoordt du club de Genk, revendue récemment 28.988 euros. Ou cet autre NFT de l’attaquant du Standard de Liège, Jackson Muleka, qui a changé de propriétaire pour 23.169 euros. Ou encore, pour limiter les exemples, Julien De Sart, milieu de terrain à Courtrai, dont le double numérique été échangé contre 13.224 euros.

Notons que l’effet vedette ne garantit pas non plus les meilleurs prix de revente. La carte Sorare du Diable rouge Thibaut Courtois, mais à son poste de gardien du Real Madrid, pourtant jugée « super rare », avait été acquise pour la première fois contre « seulement » 11.558 euros.

Il faut un peu du flair du recruteur, de la rigueur de l’entraîneur, de l’analyse de l’investisseur. Ce n’est pas un jeu d’enfant. Mais ça n’en demeure pas moins grisant. Les volumes transactionnels de Sorare suffisent d’ailleurs pour s’en convaincre.

De la crypto sans s’en rendre compte

Contrairement à ce que laisse penser le marché global des NFT, avec des ventes qui s’essoufflent depuis le record atteint plutôt cette année, la start-up parisienne enregistre près de 60 millions d’euros d’échanges depuis janvier 2021. Actrice en vue de la French Tech, Sorare a levé 50 millions de dollars auprès du fonds américain Benchmark (qu’on retrouve derrière des Uber, Snap ou Twitter) mais aussi de personnalités du ballon rond, à l’instar d’Antoine Griezmann en tant qu’actionnaire.

« Les fondateurs ont lancé Sorare en partant du principe que pour toucher le grand public avec de la crypto, il fallait trouver un moyen de rendre la technologie moins complexe, de fournir un moyen d’en utiliser les avantages sans se rendre compte que c’est de la crypto. Transparence, interopérabilité. En jouant à Sorare, à part les prix exprimés en ETH, la crypto n’est pas flagrante. On ne parle d’ailleurs que depuis peu de NFT », ponctue Brian O’Hagan.

Sorare revendique le caractère révolutionnaire de ces tokens pour le secteur du gaming, notamment en ouvrant un environnement des collectibles pesant plusieurs milliards de dollars mais jusqu’ici resté clos avec des formats propriétaires (poke EA et ses Fifa Icons).

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