Principaux renseignements
- Les constructeurs automobiles chinois utilisent le Canada comme terrain d’essai stratégique en vue d’une future expansion aux États-Unis.
- Le Canada diversifie ses partenaires commerciaux afin de réduire sa dépendance économique excessive vis-à-vis des États-Unis.
- Les groupes industriels américains craignent que ces importations ne créent une « porte dérobée » en matière de sécurité à la frontière.
Les constructeurs automobiles chinois pénètrent de manière agressive le marché canadien, qu’ils considèrent comme une étape stratégique préalable à une expansion future aux États-Unis. C’est ce qu’indique Reuters. Peu après que le Premier ministre Mark Carney a autorisé, en janvier, l’importation d’un nombre limité de véhicules électriques (VE) chinois, des acteurs majeurs tels que Chery ont commencé à se coordonner avec des concessionnaires canadiens. BYD, leader mondial de la production de VE, serait à la recherche d’emplacements pour six salles d’exposition et aurait entamé les démarches réglementaires pour importer des véhicules particuliers. De même, la marque de luxe Lotus, détenue par Geely, et le constructeur public Changan se préparent tous deux à leur lancement sur le marché canadien.
Plan d’action pour le futur lancement sur le marché américain
Malgré ces efforts, le Canada ne constitue pas une source principale de bénéfices immédiats. Le gouvernement a plafonné les importations à un volume modeste — commençant à 49 000 véhicules par an pour passer à 70 000 en cinq ans — tout en maintenant un droit de douane de 6,1 pour cent. Les analystes du secteur estiment que les retombées financières d’un marché aussi restreint sont négligeables.
Le Canada sert plutôt de « tête de pont » essentielle. Les préférences des consommateurs canadiens et la réglementation automobile reflétant étroitement celles des États-Unis, une réussite au Canada fournit un modèle pour un futur lancement américain, que de nombreux dirigeants considèrent comme inévitable.
Les préoccupations liées à la frontière américaine
À l’heure actuelle, le marché américain reste fermé aux constructeurs automobiles chinois en raison de droits de douane prohibitifs et d’interdictions liées à la sécurité concernant les logiciels et le matériel des voitures connectées. Cependant, certains suggèrent que des changements politiques, tels que d’éventuels accords commerciaux impliquant la construction d’usines sur le territoire américain, pourraient ouvrir la voie.
En attendant, certains consommateurs américains pourraient tenter d’importer ces véhicules par la frontière. Cette perspective a alarmé des groupes industriels américains, tels que l’Alliance for Automotive Innovation, qui met en garde contre le fait que le Canada pourrait servir de « porte dérobée » aux marques chinoises, ce qui poserait des menaces sur le plan économique et en matière de sécurité nationale.
Évolution des relations diplomatiques
Cette évolution met également en évidence un éloignement diplomatique croissant entre le Canada et les États-Unis. Alors que les États-Unis ont exhorté leurs voisins à bloquer les importations chinoises, le Canada a pris une direction différente, en partie en réponse aux politiques commerciales agressives et à la rhétorique de l’administration Trump.
En diversifiant ses partenaires commerciaux, le Canada tente de réduire sa dépendance économique extrême vis-à-vis des États-Unis.
Pression concurrentielle sur le marché
Au Canada, les marques chinoises devront faire face à une concurrence acharnée de la part d’acteurs bien établis tels que Tesla et Volvo, qui ont tous deux recours à la fabrication chinoise.
Tesla a déjà rencontré le succès en proposant des modèles fabriqués en Chine à des prix nettement inférieurs à ceux de leurs équivalents construits aux États-Unis.
Les entreprises chinoises attendent de pouvoir pénétrer le marché américain
Pour des entreprises comme BYD et Chery, l’objectif à long terme reste le marché américain. Bien que les dirigeants de BYD affirment être déjà prêts pour les États-Unis sans avoir besoin d’une « mise en route », la valeur stratégique de l’établissement de liens avec des groupes de concessionnaires canadiens — dont beaucoup opèrent également aux États-Unis — ne peut être négligée.
En testant leurs véhicules dans les conditions hivernales rigoureuses du Canada et en mettant en place dès maintenant les infrastructures nécessaires, les constructeurs automobiles chinois jouent la carte du long terme, attendant le moment optimal pour pénétrer le marché automobile le plus lucratif au monde.
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(ns)

