Les banques centrales mettent le pied sur le frein: qu’est-ce que cela signifie pour les crédits immobiliers et les comptes d’épargne ?

L’inflation, élevée, oblige la Banque centrale européenne (BCE) à pousser sur la pédale de frein. Lors de sa dernière réunion sur les taux d’intérêt, le régulateur a décidé de supprimer progressivement les achats d’obligations. Mais qu’est-ce que cela signifie pour les personnes qui souhaitent contracter un prêt immobilier ? Et le taux d’intérêt de l’épargne augmentera-t-il encore l’année prochaine ?

L’inflation européenne a atteint 4,9% en novembre, le niveau le plus élevé depuis l’introduction de l’euro. Christine Lagarde, présidente de la BCE, a longtemps soutenu que le pic d’inflation était temporaire. Mais maintenant, la BCE est obligée de lever le pied de l’accélérateur. Jeudi, Lagarde a déclaré qu’elle s’attend à ce que l’inflation « reste au-dessus de l’objectif de la banque centrale pour la majeure partie de 2022 ». La BCE vise un taux d’inflation de 2% à moyen terme.

Contenir l’inflation

Afin de contenir l’inflation, le régulateur européen arrêtera le programme de relance corona (PEPP, Pandemic Emergency Purchase Programme) après mars 2022. D’autre part, l’Asset Purchase Programme (APP) « régulier » sera temporairement étendu lorsque le stimulus corona expirera. La BCE ne touche pas aux taux d’intérêt. Lagarde a souligné qu’il est très peu probable que 2022 s’accompagne de hausses de taux d’intérêt.

En agissant ainsi, Lagarde ne va pas aussi loin que son collègue d’outre-Atlantique Jerome Powell. La Réserve fédérale mettra fin au programme de rachat en mars 2022. C’est plus tôt que prévu. En outre, les membres du conseil d’administration de la banque centrale américaine ont signalé qu’il y aura trois augmentations des taux d’intérêt en 2022.

Des crédits immobiliers plus chers

Dans tous les cas, une question se pose: qu’est-ce que la décision de la BCE signifiera pour les emprunteurs et les épargnants ? Pour commencer, la décision de la banque centrale implique la fin des prêts immobiliers bon marché. Les intérêts que vous payez sur un prêt immobilier à taux fixe dépendent, entre autres, du taux d’intérêt à long terme, et notamment de l’OLO sur 10 ans (Obligation Linéaire).

En affaiblissant le programme d’achat d’actifs, la BCE pousse les taux d’intérêt à long terme à la hausse. En effet, en achetant moins d’obligations, la demande de papier obligataire diminue. Pour inciter les investisseurs à investir dans des obligations nouvellement émises, les gouvernements et les entreprises augmentent le coupon du titre de créance.

L’OLO sur 10 ans oscille actuellement autour de zéro. En août, l’OLO était toujours à -0,2%. Les taux d’intérêt à long terme sont donc déjà à la hausse.

Le baromètre des intérêts du spécialiste du crédit immobilier Immotheker montre que les intérêts hypothécaires ont déjà légèrement augmenté l’année dernière. Il y a un an, le taux d’intérêt d’un prêt immobilier sur 25 ans (avec un ratio supérieur à 80%) oscillait autour de 1,65%. Aujourd’hui, il est de 1,78 %.

Les banques n’augmenteront pas soudainement les taux d’intérêt de dizaines de points de base, mais à mesure que les taux d’intérêt à long terme augmenteront, elles ajusteront les taux hypothécaires à la hausse. Après tout, les prêts immobiliers restent une importante source de revenus pour les banques.

Taux d’épargne bas

Qu’est-ce que cela signifie pour les épargnants ? Dans de nombreuses banques, il faut aujourd’hui se contenter d’un intérêt d’épargne de 0,11%, le minimum absolu dans notre pays pour les livrets d’épargne réglementés. La probabilité que les taux d’épargne augmentent en 2022 est assez faible.

Pour déterminer ce taux d’intérêt, les banques regardent, entre autres, les taux d’intérêt appliqués par la BCE. Elles doivent encore payer un taux d’intérêt de pénalité de 0,5% lorsqu’elles déposent de l’argent à Francfort. Comme nous l’avons dit plus haut, la BCE ne prévoit pas de relever les taux d’intérêt l’année prochaine.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les banques se sont déjà exprimées à plusieurs reprises de manière critique sur le taux d’épargne minimum. Car cela pèse sur leurs marges bénéficiaires. Les institutions financières voudront d’abord augmenter ces marges en rendant les prêts immobiliers plus chers avant d’ajuster le taux d’épargne à la hausse.

Ceux qui placent leur argent sur un compte d’épargne devront donc également perdre du pouvoir d’achat en 2022.

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