Les ados américains se nourrissent aux deux tiers de junkfood, ça empire, et le niveau de richesse n’a rien à voir là dedans

Les enfants et les ados américains obtiennent 67% des calories qu’ils consomment via de la nourriture ultra-transformée. C’est trois fois plus que les jeunes Belges. Et leur santé va s’en ressentir.

On pourrait croire que les années passées à vanter les mérites des ingrédients de qualité et des bons petits plats mijotés auraient porté leurs fruits, mais pas du tout. Les jeunes Américains n’ont jamais ingurgité autant de pizzas surgelées, de chips, ou de burgers préparés. C’est une véritable épidémie que signale une nouvelle étude publiée sur le Journal of the American Medical Association (JAMA) : les aliments ultra-transformés représentent jusqu’à 67% de l’apport calorique des Américains âgés de 2 à 19 ans.

Dépendance à la pizza surgelée

Et c’est un chiffre en hausse : les chercheurs ont analysé les rations caloriques de 33.795 enfants et adolescents sur deux décennies puis ils ont comparé l’évolution des habitudes alimentaires des ados entre 1999 et 2018; il y a 22 ans, la part de la junkfood dans leur alimentation atteignait déjà un très inquiétant 61%. L’engouement pour le bio est entretemps passé par là, de même que le mouvement slow food. Mais chez les jeunes, visiblement rien n’y fait. Les pizzas surgelées et les burgers, pris à part, représentaient 2,2% de leur apport énergétique à la fin du siècle dernier ; maintenant, ce chiffre atteint 11,2%.

Et c’est une catastrophe sanitaire, tant ce genre de nourriture préparée est gorgée de sel, de sucre et de graisse, tout en n’apportant que bien peu de nutriments, des fibres en particulier, par rapport à leurs équivalents frais et peu transformés. Une situation très alarmante, dans un pays où l’obésité touche 39,6% des adultes, ainsi que 18,5% des enfants. Sans compter l’augmentation alarmante des risques de cancers et de maladies cardiovasculaires qu’entraine l’abus de junkfood.

A titre de comparaison, Sciensano estimait en 2018 que les Belges tiraient un tiers de leur apport énergétique d’aliments ultra-transformés. Dans le cas des enfants, ce chiffre montait à 33%, pour redescendre un peu vers 29% à l’adolescence. Et ces résultats sont déjà considérés comme bien trop élevés pour la santé.

Plus de junkfood, mais moins de soda

L’étude américaine est alarmante, mais elle souligne toutefois que l’apport calorique des boissons sucrées était passé de 10,8% à 5,3% du total ingéré. Un résultat considéré comme la preuve que les campagnes de sensibilisation à une alimentation saine peuvent fonctionner, à condition de cibler précisément les produits problématiques.

De manière contre-intuitive, le niveau socio-économique ne semble pas être un facteur déterminant, aux États-Unis. Les chiffres américains pointent par contre des différences ethniques : les jeunes hispaniques et afro-américains ont augmenté leur part de junkfood de 7,6% et 10,3% respectivement, là où chez les jeunes blancs, la hausse est plutôt de 5,2%. « Le marketing ciblé à l’attention des jeunes des minorités raciales ou ethniques peut avoir partiellement contribué à une telle différence », selon les auteurs de l’étude. Quant à l’absence de nuance selon le niveau de vie, elles « suggèrent que les aliments ultra-transformés envahissent le régime alimentaire de l’ensemble des jeunes des États-Unis, et qu’il est nécessaire de réduire cette consommation dans toutes les strates de la population. »

Chez nous, ces différences de revenus existent encore : Sciensano pointe l’argument économique dans le recours aux aliments transformés d’une part de la population. Aux États-Unis, cette situation serait provoquée par le matraquage publicitaire, mais aussi la facilité d’accès de ces aliments-poisons, qui ont envahi jusqu’aux cantines scolaires.

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