Principaux renseignements
- Begoña Gómez, l’épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, doit répondre devant la justice d’accusations de détournement de fonds et d’ingérence.
- Compte tenu des taux de condamnation élevés dans les procès devant jury en Espagne, elle risque une peine de prison importante.
- Sánchez qualifie ces poursuites judiciaires de harcèlement politique.
Une décision de justice rendue aujourd’hui a confirmé que Begoña Gómez, l’épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, comparaîtra devant un tribunal populaire pour détournement de fonds et abus d’influence présumés.
Cette décision accentue la pression qui pèse depuis longtemps sur le gouvernement de Sánchez, confronté depuis des mois à des enquêtes pour corruption et à une controverse publique.
Acquittement partiel
Bien que les avocats de Gómez aient demandé le rejet de toutes les accusations et l’annulation des mesures restrictives, la Haute Cour de Madrid n’a accordé qu’une levée partielle des charges.
La justice a décidé d’abandonner une accusation liée à la corruption en milieu d’affaires et a annulé l’obligation pour Gómez de remettre son passeport, de se présenter périodiquement au tribunal et de rester sur le territoire national. Cependant, les accusations les plus graves restent en vigueur.
Allégations politiques
L’affaire trouve son origine dans des plaintes déposées par des factions d’extrême droite, qui affirment que Gómez a exploité sa relation avec le Premier ministre pour obtenir des contrats de travail lucratifs. Alors que les procureurs avaient initialement demandé le rejet de ces chefs d’accusation, le tribunal a choisi de donner suite à la procédure.
Sánchez, qui a failli démissionner en avril 2024 à la suite de l’ouverture de l’enquête, soutient que ces poursuites judiciaires ne sont que des attaques politiques. Son cabinet a publié un communiqué affirmant l’innocence de Gómez et qualifiant la procédure de campagne de harcèlement alimentée par la désinformation et l’hostilité politique.
Problèmes juridiques plus larges au sein de la famille
Cette bataille judiciaire coïncide avec d’autres problèmes juridiques touchant la famille, le frère du Premier ministre ayant récemment été reconnu coupable de faute administrative et interdit d’exercer des fonctions gouvernementales pendant près d’une décennie.
Risques liés à un procès devant jury
La décision de juger Gómez devant un jury composé de citoyens représente un défi de taille. Les statistiques du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) indiquent que les procès devant jury en Espagne affichent un taux de condamnation très élevé, se maintenant régulièrement autour de 90 pour cent au cours des dix dernières années.
Si elle est reconnue coupable, les sanctions pénales sont lourdes. Le trafic d’influence peut entraîner deux ans de prison, tandis que les accusations de détournement de fonds aggravé peuvent se traduire par jusqu’à huit ans d’emprisonnement.
(at)
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