Principaux renseignements
- Un juge espagnol a imposé à Begoña Gómez, l’épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, une interdiction de sortie du territoire dans l’attente d’un procès pour corruption.
- Le parquet l’accuse d’avoir abusé de sa relation avec le Premier ministre Sánchez à des fins professionnelles.
- Les scandales menacent la crédibilité du gouvernement et alimentent les appels à la démission de Sánchez.
Begoña Gómez, l’épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, n’est plus autorisée à voyager à l’étranger suite à une décision de justice lui imposant de comparaître devant un jury pour répondre d’accusations de corruption.
Un juge espagnol a ordonné à Gómez de remettre son passeport et de se présenter au tribunal toutes les deux semaines jusqu’à la fin de la procédure judiciaire. Afin de faire respecter cette interdiction de voyager, le juge a donné instruction à tous les aéroports militaires et civils, ainsi qu’aux postes-frontières, d’empêcher son départ.
Accusations
La procédure judiciaire, dont la date de début n’est pas encore fixée, fait suite à des plaintes déposées en avril pour détournement de fonds, abus d’influence, malversation et corruption en affaires. L’enquête vise à déterminer si Gómez a utilisé sa relation avec le Premier ministre pour obtenir des avantages personnels, notamment en ce qui concerne la gestion d’une chaire à l’université Complutense de Madrid. Selon le juge, Gómez aurait utilisé la fonction de son mari pour servir ses propres intérêts professionnels.
C’est une organisation de lutte contre la corruption liée à l’extrême droite qui a été la première à rendre publiques ces accusations. En réponse, le Parti socialiste (PSOE) a pris la défense de Gómez, affirmant qu’elle était victime d’intimidation politique et judiciaire. Le Premier ministre Sánchez a également rejeté ces accusations, les qualifiant de manœuvre stratégique de la part de ses adversaires politiques visant à déstabiliser son gouvernement.
Examen juridique plus large
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large, car l’entourage proche du Premier ministre fait face à plusieurs problèmes juridiques. José Luis Rodríguez Zapatero, un prédécesseur et mentor de Sánchez, fait actuellement l’objet d’une enquête pour influence présumée dans le cadre d’une opération de sauvetage d’une compagnie aérienne en 2021.
Par ailleurs, des jugements sont encore en attente pour David Sánchez, accusé de nomination abusive dans le secteur public, et José Luis Abalás, ancien ministre des Transports soupçonné d’avoir accepté des pots-de-vin dans le cadre de contrats médicaux pendant la pandémie.
Défis politiques
Ces scandales constituent un défi politique majeur pour Sánchez, qui est arrivé au pouvoir en promettant d’éradiquer la corruption au sein du gouvernement. Malgré la pression croissante et les appels de l’opposition en faveur d’élections anticipées ou de sa démission, le Premier ministre a refusé de quitter ses fonctions. (ev) (at)
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