Le Worldcoin ressemble à un « rêve érotique de la CIA » et ça pique aux yeux

Les défenseurs de la vie privée ont évidemment réservé un accueil inamical à ce projet de revenu universel version crypto. Enfin, c’est surtout la partie sur l’identification par scan rétinien qui les a fait tourner de l’œil.

Intention louable à première vue. Le Worldcoin se voit déjà « monnaie mondiale distribuée équitablement au plus grand nombre de personnes possible ». Pour y parvenir, les porteurs de ce projet ont trouvé un moyen de permettre à quiconque de réclamer sa part grâce à l’identification biométrique. Ils ont fabriqué un scanner oculaire aux allures de vieille webcam hypertrophiée, l’Orb, qui convertit l’image biométrique en code numérique, le tout protégé par la cryptographie.

Un projet que David Z. Morris, le « Mister Insights » du site spécialisé CoinDesk, exècre depuis qu’il l’a vertement critiqué en juin dernier. Le chroniqueur ne peut toujours pas s’empêcher de le comparer à un « rêve érotique de la CIA » à l’idée de collecter ces données on ne peut plus privées à l’échelle planétaire.

Le commentateur n’est certainement pas le seul à s’opposer au Worldcoin. Le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden a exhorté le fondateur à ne pas « cataloguer les globes oculaires » pour la simple raison que la biométrie est à proscrire, selon lui, des systèmes d’identification ou de sécurité. Mettant au passage en doute les affirmations de l’entreprise, qui a assuré que ses bases de données ne comporteraient aucun risque en termes de privacy.

Le timing est mal choisi par Sam Altman, le créateur du Worldcoin et anciennement à la tête du premier incubateur de start-up de la Silicon Valley. Les entreprises historiques du web traversent justement une crise identitaire, mises notamment à mal par leurs modèles commerciaux basés sur la collecte de données. Altman aurait-il manqué le changement de paradigme et l’évolution du web 3.0 ?

« La subversion de la confidentialité n’est pas le seul faux pas de Worldcoin : l’annonce d’un (nouveau) financement a révélé que 20% de tous les tokens seront réservés à l’équipe de développement », a épinglé David Z. Morris. Dans l’univers crypto, cette pratique s’appelait autrefois une « premine » et reste considérée comme l’un des principaux signaux alertant qu’un projet est destiné à enrichir les initiés. D’autant plus paradoxal pour un projet dont l’ambition charitable se résume à un airdrop universel.

Et le responsable de CoinDesk de conclure : « Malgré la montagne imposante de preuves de ses méfaits pour les individus et la société, le capitalisme de surveillance est apparemment trop addictif pour que les junkies du big data de la Silicon Valley puissent s’arrêter. »

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