Le vaisseau MEV-1 ouvre le business du dépannage spatial

Une fusée Proton au décollage. (Source: EPA)

La plupart des satellites commerciaux sont conçus pour être jetables: une fois à court de carburant ou défaillants, ils se transforment en déchets spéciaux sans valeur. Le vaisseau MEV-1, imaginé par Northrop Grumman, pourrait bien changer cela.

Récemment lancé par une fusée Proton, le vaisseau spatial de dépannage MEV-1, de Northrop Grumman, a pour mission de rejoindra le satellite Intelsat 901, de s’y arrimer et, grâce à ses propulseurs, le remettre sur une orbite géostationnaire idéale. Cette manœuvre doit permettre de rallonger de cinq ans la durée de vie de ce satellite mis en service en 2001. Une fois sa mission accomplie, MEV-1 pourra ensuite renouveler l’opération pour un autre satellite à court de carburant.

Selon Northrop Grumman, son vaisseau a une durée de vie estimée à une quinzaine d’années et a été conçu pour s’arrimer à de multiples reprises. Il devrait donc permettre de maintenir en service plus longtemps plusieurs satellites dont la masse avoisine les deux tonnes.

Nouvelle ère

Le MEV-1 pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère dans l’industrie spatiale, estime TechCrunch. En prolongeant la durée de vie des satellites commerciaux, une telle technologie va permettre d’en augmenter la rentabilité, sans engager des coûts supplémentaires élevés. En effet, comme un tel vaisseau peut dépanner plusieurs satellites, cela signifie que ses frais de lancement et de fonctionnement pourront être répartis entre plusieurs entreprises clientes.

Par ailleurs, la réduction des coûts qu’offre cette nouvelle technologie devrait permettre l’émergence de nouveaux acteurs de petite taille sur le marché très porteur du spatial.

Nouveaux acteurs

Northrop Grumman n’est pas le seul acteur à s’intéresser à ce nouveau segment. La société SSL, par exemple, lancera en 2021 un engin, baptisé RSGS, capable de dépanner une trentaine de satellites en orbite géostationnaire, c’est-à-dire à 36.000 km de la Terre.

L’entreprise Orbit Fab planche, elle, sur un système qui doit permettre aux satellites de venir s’y connecter et de refaire le plein de carburant, un peu comme une station-service de l’espace.

Quant à Momentus, la start-up mise sur le transport spatial entre différentes orbites, grâce à un vaisseau de remorquage. Les clients de l’entreprise pourront, par exemple, envoyer leurs satellites en orbite basse via des fusées à bas coûts et ensuite faire appel à Momentus pour les remorquer à plus haute altitude.