Le Royaume-Uni envisage un nouveau réseau nucléaire composé de 16 petites centrales

Le dessin d’une centrale nucléaire modulaire, qui ne coûterait que 2 milliards de livres sterling. (SMR)

Le Royaume-Uni pourrait investir dans une nouvelle génération de centrale nucléaire. Un consortium dirigé par le constructeur de moteurs Rolls-Royce a récemment présenté un plan au gouvernement britannique pour construire un total de 16 petites centrales.

Chaque centrale devrait produire 440 mégawatts d’électricité, ce qui correspond aux besoins énergétiques d’une ville d’environ 600.000 habitants.

Le Small Modular Reactor Consortium (SMR), initiateur du projet, affirme que ces petites centrales nucléaires pourraient apporter des avantages significatifs et offrir également à l’industrie britannique de nouvelles opportunités d’exportation.

Climat

Outre Rolls-Poyce, le consortium SMR rassemble les entreprises Assystem, Atkins, BAM Nuttall, Jacobs, Laing O’Rourke et TWI Global, ainsi que le National Nuclear Laboratory et le Nuclear Advanced Manufacturing Research Center.

Le gouvernement britannique a déjà indiqué clairement que la nouvelle énergie nucléaire sera essentielle si le pays veut atteindre ses objectifs climatiques de zéro émission d’ici le milieu du siècle. Mais cela soulève un certain nombre de sérieux goulots d’étranglement.

Le Royaume-Uni possède actuellement sept centrales nucléaires, qui fournissent environ 20% de l’approvisionnement électrique du pays. Cependant, 6 sites vont fermer leurs portes d’ici la fin de la décennie. La dernière centrale en activité devrait fermer vers 2035. Il est donc nécessaire pour le pays de construire de nouvelles sources d’énergie. Selon Tom Samson, chef du consortium SMR, les petits réacteurs nucléaires modulaires sont une option intéressante.

‘Les centrales nucléaires classiques doivent être construites sur place’, explique Samson. ‘Cela nécessite une organisation complexe et coûteuse. Mais avec les réacteurs modulaires, il est possible de fabriquer les différents composants dans les usines d’entreprises spécialisées, puis de les amener sur le site de l’usine pour l’assemblage.’

Un réacteur modulaire coûterait environ 2 milliards de livres sterling, selon Samson. La plus jeune centrale britannique, Hinkley Point dans le Somerset, a demandé un investissement d’environ 22 milliards de livres sterling. Mais elle fournit plus de 3 gigawatts d’électricité.

Exportations

Le consortium SMR a annoncé son intention de construire 16 petits réacteurs modulaires, sur une période de 20 ans. Au cours de la première phase des travaux, environ 6.000 emplois pourraient être créés. ‘Cela pourrait offrir une impulsion économique majeure dans les régions où les composantes des réacteurs seront construites’, a déclaré Sansom.

À plus long terme, le chef du consortium estime que l’activité pourrait fournir un emploi à 34.000 personnes. SMR ajoute que la technologie pourrait devenir un nouveau produit d’exportation majeur.

Selon le consortium, les premiers réacteurs pourraient être opérationnels d’ici 10 ans. Deux centrales pourraient ensuite être construites chaque année.

Cependant, il existe une forte résistance au projet. ‘Si le gouvernement britannique veut utiliser les nouvelles technologiques pour lutter contre le changement climatique, il vaudrait mieux investir dans l’hydrogène ou les sources géothermiques’, a déclaré Doug Parr, scientifique en chef de l’association environnementale Greenpeace.

Les critiques notent en outre que les nouveaux projets pour l’énergie nucléaire ont tendance à engranger des retards importants et, à la fin, il s’avère qu’ils ont coûté beaucoup plus cher que prévu.

Les opposants se demandent aussi s’il y aura véritablement une demande pour ces technologies nucléaires dans 10 ans. ‘À ce moment-là, une meilleure énergie renouvelable – avec une capacité plus importante qu’aujourd’hui – sera peut-être disponible sur le marché.’

Et en Belgique ?

Le nucléaire reste un sujet sensible dans notre pays. Les centrales en activité devraient fermer leurs portes dans les prochaines années. La Belgique doit donc trouver de nouvelles sources d’énergie, qui permettent de préserver la sécurité d’approvisionnement, tout en visant la neutralité carbone.

Certains, comme la NVA, défendent encore bec et ongle le nucléaire, car il a l’avantage de produire no-stop de l’électricité, en dégageant de très faibles émissions de CO2. Et n’ayant que peu de portes de sortie, le gouvernement actuel n’exclut pas de prolonger les deux plus récentes centrales.

Le but reste toutefois de privilégier les énergies renouvelables. La ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen), a d’ailleurs modifié les règles pour l’utilisation du Fonds de transition énergétique. Ce fond a été créé lorsque de la prolongation des premières centrales nucléaires, il y a 10 ans, pour aider à trouver des solutions pour l’avenir énergétique du pays.

Mais dans les faits, ce sont surtout des projets nucléaires qui ont été financés en 10 ans. La ministre veut donc renverser la vapeur. Le fonds ne financera maintenant les projets nucléaires qu’en dernier lieu, s’il reste de l’argent. Les projets de biocarburants, d’éoliennes en mer du Nord ou sur la sécurité d’approvisionnement seront donc privilégiés.