Le premier vol de tourisme spatial de Virgin Galactic ne se serait finalement pas passé sans encombre

Le 11 juillet dernier, Virgin Galactic marquait l’histoire en réalisant le premier vol de tourisme spatial pour une entreprise privée. Un premier vol qui aurait pu se finir de manière tragique.

L’orbite terrestre est en passe de devenir une véritable attraction touristique – réservée à des personnes plutôt aisées. Le tourisme spatial est en effet en pleine expansion, grâce à des entreprises telles que Virgin Galactic ou Blue Origin. Toutes deux ont réalisé avec succès un premier vol touristique dans l’espace au mois de juillet. Cependant, celui réalisé par Virgin Galactic ne se serait finalement pas passé aussi bien que ce qu’a indiqué l’entreprise.

La Federal Aviation Administration mène en effet une enquête sur le vol effectué lors de la mission Unity 22 qui, selon les informations du New Yorker, a dévié de sa trajectoire de vol. Une anomalie d’apparence anodine qui aurait pu forcer les pilotes à réaliser un atterrissage d’urgence, mais qui exposait également l’appareil à un risque d’entrer en collision avec d’autres aéronefs.

Une mission poursuivie, malgré les alarmes

Le journaliste du New Yorker Nicolas Schmidle rapporte que l’appareil – propulsé par un avion – a rencontré des problèmes lors de son planage vers l’orbite terrestre, entrainant une déviation de sa trajectoire. Les pilotes ont été avertis par des voyants que la trajectoire de vol n’était pas bonne et que le nez de l’engin n’était pas suffisamment vertical pour atteindre la bonne altitude.

Selon plusieurs sources proches de l’entreprise, la réaction la plus sûre lorsque les voyants – d’abord jaune, puis rouge – se sont allumés était d’interrompre la mission et donc, d’éteindre les moteurs et de retourner sur Terre. En optant pour cette solution, la mission aurait été un échec, mais cela aurait maintenu l’équipage en sécurité, bien que Virgin Galactic assure que cette solution n’était pas la seule.

Pour le journaliste américain, le risque était bien réel. Fort heureusement, la réactivité des pilotes – Dave Mackay, vétéran de la Royal Air Force du Royaume-Uni, et Mike Masucci, un pilote à la retraite de l’Air Force – a permis de corriger le tir et donc, d’atteindre l’orbite terrestre, de marquer l’Histoire et d’assurer un atterrissage réussi.

Plusieurs ratés

Contrairement à SpaceX et Blue Origin, les engins spatiaux de Virgin Galactic impliquent la présence de pilote aux commandes. Un choix qui, malgré les différents problèmes de taille rencontrés par l’entreprise durant les premiers vols d’essai, dont celui de 2014 qui a coûté la vie à un pilote, n’a pas été remis en cause par Richard Branson.

La sécurité de l’entreprise a cependant été critiquée par l’un des pilotes qui a assuré le vol historique du 11 juillet. Pilote d’essai principal et directeur des essais de vol de Virgin Galactic, Mark Stucky a été exclu des réunions de planifications clés concernant le vol, après avoir remis en cause sa sécurité. Son renvoi 8 jours après le vol historique ne joue pas en la faveur de la firme.

Les révélations du New Yorker et l’enquête de la FAA pourraient quelque peu ternir l’image de Virgin Galactic. Si l’entreprise a réalisé le premier vol de tourisme spatial, elle a encore du chemin à parcourir avant d’ouvrir son commerce au grand public. Plusieurs autres vols d’essai sont en effet prévus cette année, dont un à la fin du mois de septembre. Les premiers vols publics ne sont pas attendus avant 2022 ce qui laisse le temps à Virgin Galactic de revoir et corriger la sécurité de son appareil.

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