Le plus long pont imprimé en 3D du monde vient d’être inauguré… et il se situe à deux pas de la Belgique

Jusqu’à la semaine dernière, le plus long pont imprimé en 3D du monde se trouvait à Shanghai (26,3 mètres de long, inauguré en 2019). Mais la construction chinoise vient déjà de perdre son titre. Elle a été dépassée par un pont pédestre 100% néerlandais.

La semaine dernière, la ville de Nimègue, dans la province de Gueldre, à l’est des Pays-Bas, a inauguré ce qui est devenu le plus long pont imprimé en 3D du monde. L’œuvre mesure 29 mètres de long et enjambe la Waal, une rivière qui fait partie du delta du Rhin.

Initié en 2018, à l’occasion de l’élection de Nimègue comme capitale verte européenne, le projet est 100% made in Netherlands. Du design, à la pose, en passant par le financement et la construction: tout a été imaginé et conçu par nos voisins.

« La ville de Nimègue est très honorée de recevoir ce pont innovant imprimé en 3D », a déclaré Bert Velthuis, échevin des espaces publics et de l’immobilier de Nimègue. « Nous sommes une ville de ponts, et ce pont spécial et innovant est un merveilleux ajout. Le pont mène à la connexion: dans la phase de conception et de construction, il a connecté les différents partenaires, et à partir de maintenant, le pont connecte nos résidents. »

Durable et économique

Avec l’impression 3D, il n’y a pas besoin d’utiliser de (coûteux) moules, qui sont utilisés plusieurs fois et qui débouchent sur la construction de ponts identiques, ou presque. La technique permet ici de créer des ponts totalement adaptés à leur environnement, en renseignant dans l’ordinateur toute une série de paramètres (nature du sol, conditions climatiques, utilisation du pont…). Une fois toutes les données encodées, un modèle, unique, est généré.

Les acteurs ayant participé à l’élaboration du pont de Nimègue voulaient mettre en lumière tous les avantages conférés par l’impression 3D pour ce type de construction. Un des principaux atouts de leur ouvrage est son caractère durable, apporté par des matériaux durables et moins coûteux. Il a nécessité moins de béton qu’un pont classique, et il a également été mis sur pied bien plus rapidement.

« L’impression du béton a un énorme potentiel de croissance », a déclaré Theo Salet, professeur de structures en béton à la TU Eindhoven, cité par 3Dprintingindustry.com. « Nous utilisons moins de matières premières et pouvons augmenter drastiquement la vitesse de construction. À l’avenir, nous voulons rendre le béton plus durable et également le réutiliser. Il y a encore beaucoup à faire. Je suis également fier que les connaissances développées aient trouvé leur chemin vers l’industrie si rapidement. »

« Cette technique de production 3D permet de réaliser des économies de matériaux allant jusqu’à 50%, car l’imprimante ne dépose du béton que là où il est nécessaire pour la résistance de la structure », a ajouté Bas Huysmans, PDG de Saint Gobain Weber Benelux, une des entreprises ayant pris part au projet. « La technologie 3D arrive à maturité et devient une option sérieuse pour la construction plus rapide, plus durable et moins chère, par exemple, de ponts pour vélos et piétons. »

Le record ne tiendra pas longtemps

Au vu des multiples avantages qu’apporte l’impression 3D, les ponts, viaducs, bâtiments commerciaux et autres maisons conçus grâce à cette technologie sont amenés à se multiplier à l’avenir.

Le pont en 3D de Nimègue ne conservera dès lors pas très longtemps son titre de plus long du monde. Il sera normalement déjà battu en 2024. Son nouveau détenteur ne sera lui non plus pas très éloigné de chez nous, vu qu’il sera posé à Paris. La capitale française doit inaugurer une passerelle de 40 mètres d’ici les Jeux olympiques de 2024. Notons toutefois que seul son tablier sera entièrement imprimé en 3D.

On ne doute toutefois pas que des constructions encore plus impressionnantes verront le jour dans la décennie, un peu partout dans le monde.

Pour en savoir plus sur tout le processus qui a mené Michiel van der Kley, le designer du pont de Nimègue, à concevoir cet ouvrage, rendez-vous ici.

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