Le Maroc souhaite augmenter ses investissements militaires de 21 pour cent et se lancer dans la production d’armes


Principaux renseignements

  • Le Maroc propose de porter le plafond de ses dépenses militaires à 190,5 milliards de dirhams (environ 17,7 milliards d’euros) afin de renforcer son autonomie stratégique.
  • L’industrialisation nationale privilégie les transferts de technologie et la production locale de véhicules blindés et de drones.
  • Les partenariats internationaux se diversifient avec les États-Unis, Israël et l’Inde afin de moderniser les capacités aériennes et terrestres.

Afin de renforcer sa souveraineté nationale et son autonomie stratégique, le Maroc propose une augmentation significative de ses dépenses de défense. Le projet de loi de finances pour 2027 suggère de porter le plafond des engagements en matière d’équipements militaires et d’industrie de défense à 190,5 milliards de dirhams (environ 17,7 milliards d’euros).

Si ce projet est approuvé par le Parlement, cela représenterait une augmentation de 21,2 pour cent par rapport à 2026 et une croissance totale de près de 53 pour cent depuis 2024. Il est important de noter que ces chiffres correspondent à des plafonds de dépenses autorisés pour les contrats et les acquisitions, et non à des décaissements immédiats pour l’exercice 2027.

Industrie de la défense nationale

Le gouvernement marocain, représenté par le ministre de l’Économie et des Finances Fouzi Lekjaa, entend utiliser ces fonds pour faciliter la conclusion de contrats à long terme et la modernisation des Forces armées royales. Ce cadre financier permet de planifier des acquisitions pluriannuelles, les paiements effectifs étant prévus pour 2028.

L’un des piliers essentiels de cette stratégie est l’orientation vers une industrie de défense nationale. Le Royaume exige désormais que les achats internationaux s’accompagnent de transferts de technologie, de capacités de maintenance locales et de formations professionnelles.

Coopérations avec différents pays

Le Maroc continue de diversifier ses partenariats stratégiques. Tout en entretenant des liens solides avec ses alliés traditionnels tels que la France et les États-Unis — comme en témoigne un accord de coopération global couvrant les domaines terrestre, aérien et maritime pour la période 2026-2036 —, Rabat a également renforcé ses relations en matière de sécurité avec Israël.

Les accords récents conclus avec Israël portent principalement sur la technologie satellitaire, l’artillerie et les systèmes de défense aérienne. Par ailleurs, le Royaume collabore avec des partenaires de Corée du Sud, d’Inde, du Brésil et des Émirats arabes unis.

L’essor de la production locale dans le domaine de la défense

L’industrialisation devient une réalité grâce à plusieurs projets clés. À Berrchid, la société indienne Tata Advanced Systems a mis en service une usine destinée à assembler 150 véhicules blindés modulaires WhAP 8×8, dans le but d’exporter à terme ces unités vers d’autres pays africains.

En complément, l’industrie militaire marocaine, en partenariat avec la société israélienne Elbit Systems, prévoit de commencer à livrer des tourelles de combat pour ces véhicules d’ici mars 2027. Par ailleurs, une nouvelle usine à Sidi Yahya produira des munitions de différents calibres, avec un personnel composé presque exclusivement de ressortissants marocains.

Systèmes sans pilote

L’innovation dans le domaine des systèmes sans pilote constitue également une priorité. Un partenariat avec Harmattan AI Morocco vise à produire l’« Irifi », un drone d’attaque à longue portée capable de parcourir 2 000 kilomètres.

Cette initiative implique la création d’un centre de recherche dédié à l’intelligence artificielle appliquée à la défense et d’une usine près de Casablanca. Le drone sera doté de capacités avancées, telles que la navigation indépendante des satellites et le guidage optique, développées en grande partie par des experts locaux et des institutions universitaires.

Armée de l’air

Parallèlement, le Maroc renforce ses capacités de combat aérien. L’Armée de l’air royale élargit sa flotte de F-16 grâce à l’achat de 25 nouveaux appareils de type Block 72 auprès de Lockheed Martin et à la modernisation de 23 avions Block 52+ existants à la norme V.

Afin de renforcer encore sa flotte de drones, Rabat a passé un contrat avec le groupe EDGE des Émirats arabes unis pour intégrer des munitions à guidage de précision, telles que le Desert Sting 16, garantissant ainsi à l’armée un soutien opérationnel de pointe. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus