Le marché automobile chinois s’achemine vers sa pire année depuis 2021 après une baisse des ventes de 20 pour cent


Principaux renseignements

  • Les ventes de véhicules particuliers en Chine ont chuté de plus de 20 pour cent au début de l’année 2026.
  • Sous la pression financière, le marché se consolidera d’ici 2030 autour d’une poignée d’acteurs dominants.
  • Une politique d’exportation mondiale agressive constitue désormais une stratégie de survie cruciale pour les marques nationales.

L’industrie automobile chinoise est confrontée à un grave ralentissement, qui marque sa période la plus difficile depuis 2021. Au cours des six premiers mois de 2026, les ventes de véhicules particuliers ont chuté de 20,2 pour cent, pour s’établir à 8,7 millions d’unités. En conséquence, l’Association chinoise des constructeurs automobiles (CPCA) a revu ses prévisions annuelles à la baisse, tablant désormais sur un total de 20,4 millions de livraisons, soit une baisse de 14 pour cent par rapport au pic de l’année précédente.

Certains analystes, dont Xiao Feng de Citic CLSA, prévoient une baisse annuelle encore plus forte, de 20 pour cent, tandis que les experts du secteur qualifient la situation actuelle d’impitoyable. C’est ce que rapporte CNBC.

Effondrement des ventes de voitures à essence

C’est dans le secteur des moteurs à combustion interne que l’effondrement est le plus marqué. En juin, les ventes au détail de véhicules à essence ont chuté de 39 pour cent, les modèles fonctionnant exclusivement à l’essence enregistrant une chute de 42 pour cent.

Ce marasme est en grande partie imputable à une flambée de 15,3 pour cent du coût du carburant, qui a fortement refroidi l’intérêt des consommateurs pour les moteurs traditionnels. Parallèlement, le marché des véhicules électriques connaît lui aussi des difficultés ; la suppression des subventions publiques, qui avaient encore généré une croissance considérable en 2025, devrait entraîner une baisse du chiffre d’affaires de 5 pour cent à 6 pour cent pour les véhicules électriques.

Pression financière

Les constructeurs se trouvent actuellement pris en étau entre la hausse des coûts de production et la baisse des revenus. La hausse des prix des composants essentiels des batteries, tels que les puces mémoire et le lithium, a érodé les marges bénéficiaires, qui ont chuté à 3,4 pour cent au cours des cinq premiers mois de l’année.

De plus, la baisse des prix des véhicules observée en juin a encore réduit les bénéfices. Selon Xiao Feng, une entreprise doit réaliser un volume de ventes annuel d’au moins 500 000 unités rien que pour éviter les pertes, et de 2 millions d’unités pour atteindre sa pleine efficacité. Cette pression financière devrait entraîner une consolidation massive du marché, ne laissant subsister d’ici 2030 que sept ou huit acteurs dominants, tels que BYD, Geely et Leapmotor, aux côtés de Toyota et Volkswagen.

L’expansion mondiale comme stratégie de survie

Pour contrer le ralentissement du marché intérieur, les marques chinoises se développent de manière agressive sur les marchés internationaux. L’exportation est devenue une stratégie de survie vitale : en juin, les expéditions de voitures particulières ont enregistré une hausse massive de 82,3 pour cent, pour un total de 877 000 unités.

Malgré les droits de douane élevés aux États-Unis, les voitures électriques chinoises gagnent en visibilité à l’échelle mondiale. C’est notamment dans les régions où les tensions géopolitiques ont fait grimper les prix des carburants que les modèles électriques abordables deviennent de plus en plus attractifs.

Même si une reprise est attendue d’ici 2027, à mesure que les parcs automobiles vieillissants devront être renouvelés, les années à venir constitueront un test de survie crucial pour le secteur. (lv)

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