Principaux renseignements
- L’Allemagne envisage de rejoindre le Global Combat Air Programme (GCAP) après l’échec de son partenariat avec la France.
- Airbus exige un rôle industriel de premier plan pour soutenir Berlin dans sa recherche d’un remplaçant à l’Eurofighter.
- Des risques d’intégration persistent, car l’Allemagne doit aligner ses besoins militaires spécifiques sur ceux des partenaires actuels du GCAP.
L’Allemagne évalue actuellement la possibilité de rejoindre le Programme mondial d’aviation de combat (GCAP), une initiative collaborative entre le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Ce revirement potentiel fait suite à l’échec, le 9 juin 2026, du Future Combat Air System (FCAS), un projet commun avec la France qui a échoué après que les deux nations n’ont pas réussi à s’entendre sur le développement d’un chasseur piloté. Le FCAS n’étant plus une voie viable pour un avion de nouvelle génération, le GCAP reste la principale initiative européenne en matière de supériorité aérienne de nouvelle génération.
Remplacement de la flotte d’Eurofighter
La perspective d’une implication allemande a récemment été mise en avant par Michael Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence and Space. Il a indiqué qu’Airbus serait désireux de participer à un projet à condition que l’entreprise puisse s’assurer une position de premier plan et une part substantielle de la charge de travail industrielle. Ce signal intervient à un moment critique pour Berlin, alors que la ville peine à trouver un remplaçant à long terme pour sa flotte d’Eurofighter.
Bien que l’Allemagne fasse l’acquisition de F-35A, ces avions sont destinés à remplacer les Tornado vieillissants plutôt que les Eurofighter, ce qui laisse une lacune importante dans la planification future de la défense.
État d’avancement du GCAP
Le programme GCAP avance déjà grâce à une coentreprise baptisée Edgewing, regroupant Leonardo, BAE Systems et la Japan Aircraft Industrial Enhancement Co. L’objectif est de mettre en service ces appareils de pointe d’ici 2035.
Bien que ce calendrier représente un défi pour tout nouvel entrant, les dirigeants du programme, notamment Tufan Erginbilgiç, PDG de Rolls-Royce, et Lorenzo Mariani, PDG de Leonardo, ont laissé entendre que l’Allemagne serait un partenaire avantageux dont l’intégration ne compromettrait pas nécessairement les progrès actuels.
Leçons tirées de l’échec du programme FCAS
L’échec du programme FCAS trouvait son origine dans des conflits industriels et stratégiques profondément enracinés. Dassault Aviation et Airbus se sont affrontés sur les questions de propriété intellectuelle, de répartition des tâches et d’autorité en matière de conception.
De plus, la France et l’Allemagne avaient des besoins opérationnels divergents : Paris exigeait un avion capable d’opérer à partir de porte-avions et d’assurer la dissuasion nucléaire, tandis que les exigences de Berlin étaient axées sur le partage nucléaire au sein de l’OTAN et les opérations terrestres. Si certaines technologies plus générales du « système de systèmes » issues du FCAS continuent d’être développées, le projet central de chasseur est mort.
Les options de Berlin
Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, a proposé trois voies à suivre pour l’Allemagne : l’achat de F-35 supplémentaires, le lancement d’un projet national mené par Airbus, ou l’intégration à un programme international existant tel que le GCAP. Cependant, l’adhésion au GCAP pourrait ne pas se faire sans heurts. Le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon ayant déjà défini leurs exigences spécifiques et réparti les tâches, l’Allemagne risque de se heurter aux mêmes frictions que celles rencontrées avec le FCAS si le programme ne peut être adapté pour répondre aux besoins militaires propres à Berlin. (fc)
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