Principaux renseignements
- Nvidia pourrait investir 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) dans l’introduction en bourse record d’Anthropic.
- Anthropic vise une valorisation boursière vertigineuse de 2 000 milliards de dollars (1 700 milliards d’euros).
- Les détracteurs remettent en question le modèle circulaire de Nvidia, dans lequel l’entreprise finance les clients qui achètent ses puces.
Nvidia envisage un investissement colossal pouvant atteindre 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) en tant qu’investisseur principal dans la prochaine introduction en bourse d’Anthropic. Anthropic vise à lever pas moins de 100 milliards de dollars (86 milliards d’euros), avec une valorisation boursière cible d’environ 2 000 milliards de dollars (1 700 milliards d’euros). C’est ce que rapporte Reuters.
Si cet objectif est atteint, il s’agirait de la plus grande introduction en bourse de l’histoire, dépassant ainsi les 75 milliards de dollars (64 milliards d’euros) de capitaux levés et la valorisation de 1 770 milliards de dollars (1 500 milliards d’euros) de SpaceX en juin.
Des liens étroits entre Nvidia et Anthropic
Les relations entre les deux entités sont étroitement liées, Nvidia agissant déjà en tant que fournisseur de matériel et s’étant engagé à apporter un financement distinct de 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros).
Anthropic a connu une croissance fulgurante, avec un chiffre d’affaires trimestriel en août de plus de 11,5 milliards de dollars (9,9 milliards d’euros), soit une multiplication par quatorze par rapport à l’année précédente. Bien qu’aucune des deux organisations n’ait officiellement réagi à ces informations, Nvidia affiche des tendances similaires en Europe : l’entreprise a récemment participé au tour de table de Mistral, d’une valeur de 3 milliards d’euros, valorisant ainsi la société européenne à plus de 21 milliards d’euros.
Modèle de financement circulaire de Nvidia sous le feu des critiques
L’investissement proposé par Nvidia dans Anthropic est vertigineux. Il dépasse le montant total de la levée de fonds de Mistral et correspond presque à la moitié de la valeur totale de l’entreprise.
Cette stratégie s’inscrit dans une tendance croissante aux États-Unis, où Nvidia finance les clients qui achètent ses processeurs et leur reloue occasionnellement du matériel. Ce modèle financier circulaire a attiré l’attention de la Banque des règlements internationaux en raison d’un manque de transparence sur ses conditions.
Mistral mise sur la souveraineté en matière d’IA
Il existe en Europe un écosystème parallèle, bien que de moindre envergure. Ainsi, ASML a participé au financement initial de Mistral, et cette dernière a réussi à obtenir 830 millions de dollars (715 millions d’euros) de prêts afin d’acquérir près de 14 000 puces Nvidia destinées à un centre de données situé à Paris.
Les objectifs diffèrent toutefois : Mistral vise la « souveraineté en matière d’IA » pour les secteurs réglementés et les pouvoirs publics, une stratégie défendue par Emmanuel Macron, tandis qu’Anthropic se concentre sur une expansion commerciale à grande échelle.
Influence sur le marché
Les documents officiels relatifs à l’introduction en bourse étant attendus ce mois-ci et celle-ci étant prévue juste avant les élections législatives partielles, les institutions européennes pourraient être invitées à investir.
Le prix de l’introduction en bourse pourrait en outre dépendre en partie de Nvidia, qui détient déjà des participations dans des entreprises concurrentes spécialisées dans l’IA. (lv)
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