Principaux renseignements
- Le commissaire européen Maroš Šefčovič souhaite relancer les négociations au point mort sur les tarifs douaniers américains visant l’acier et l’aluminium européens.
- L’accord de juillet 2025 est suspendu parce que le Parlement européen examine le projet avec prudence en raison d’un risque de déséquilibre.
- Šefčovič doit garantir que les États-Unis respectent le taux de quinze pour cent malgré les nouvelles menaces commerciales et les exigences numériques.
Le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, se rend aux États-Unis cette semaine afin de tenter de relancer les négociations concernant les droits de douane sur l’acier et l’aluminium européens. Ce voyage marque la première visite de Šefčovič à Washington depuis la conclusion de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis en juillet 2025.
Mise en œuvre de l’accord retardée
Cet accord visait à supprimer les droits de douane américains de 50 pour cent imposés par président Trump sur l’acier et l’aluminium européens. Cependant, la mise en œuvre de l’accord global a été retardée en raison de l’examen minutieux des députés européens, ce qui a effectivement bloqué les discussions sur la suppression des droits de douane sur les métaux. La visite de Šefčovič sera axée sur l’évaluation des progrès de l’accord commercial UE-États-Unis et des relations en matière d’investissement.
La suppression des droits de douane sur l’acier et l’aluminium constituait un élément clé de l’accord de juillet 2025, qui comprenait également des engagements visant à mettre en place des régimes de quotas pour ces métaux en remplacement des droits existants. Šefčovič a joué un rôle significatif dans la négociation de cet accord, effectuant de nombreux voyages à Washington pour apaiser les tensions commerciales et empêcher de nouvelles hausses des droits de douane.
Résultat déséquilibré
Bien que l’UE ait finalement accepté un tarif de quinze pour cent sur ses exportations vers les États-Unis, de nombreux acteurs en Europe jugent ce résultat déséquilibré. Les États membres et le Parlement européen examinent actuellement l’accord avant sa mise en œuvre complète.
La visite de Šefčovič intervient alors que plusieurs événements sont venus compliquer la situation. Les législateurs européens ont gelé l’accord à plusieurs reprises en raison des nouvelles menaces tarifaires de Trump concernant le Groenland. De plus, un arrêt de la Cour suprême des États-Unis a déclaré illégaux la plupart des droits de douane américains imposés en 2025.
Justification des tarifs
La Maison Blanche a par la suite modifié sa justification juridique pour le maintien des droits de douane dans le cadre de son programme commercial « America First ». Ces mesures expirent toutefois en juillet et nécessitent l’approbation du Congrès américain. Lors de sa visite, Šefčovič veut surtout garantir que les États-Unis respectent le taux de quinze pour cent convenu.
Son programme comprend des rencontres avec des responsables américains de premier plan, notamment le représentant américain au commerce, le secrétaire américain au commerce et le secrétaire américain au Trésor. Il s’entretiendra également avec des membres du Congrès américain au Capitole.
Lien avec la réglementation numérique
Le gouvernement américain complique les négociations en liant la suppression des droits de douane sur les métaux à des règles numériques européennes qui touchent les géants américains de la technologie. La Commission européenne campe sur son droit à légiférer de manière indépendante, mais envisage désormais la création d’un forum spécial UE-États-Unis dédié aux questions numériques. Il n’est toutefois pas certain que cette concession permette de débloquer les discussions sur l’acier et l’aluminium. (fc)
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