Les opérateurs mobiles russes confrontés à des retards dans la mise en place de la facturation du trafic VPN


Principaux renseignements

  • Les opérateurs russes peinent à respecter l’échéance du 1er mai pour la taxe VPN, car l’adaptation technique de leurs systèmes de facturation s’avère extrêmement complexe.
  • Le filtrage précis du trafic international constitue un véritable obstacle, ce qui retarde davantage l’application des nouveaux tarifs.
  • Cette opération nécessite de suivre des millions d’utilisateurs et de revoir d’innombrables structures tarifaires, un chantier qui devrait encore durer plusieurs mois.

Les opérateurs mobiles russes sont confrontés à d’importants défis techniques pour mettre en œuvre les frais prévus pour le trafic VPN, la date butoir du 1er mai semblant de plus en plus irréaliste. Des sources proches du dossier soulignent les difficultés à adapter les systèmes de facturation afin de suivre avec précision et de facturer aux utilisateurs leur utilisation du VPN en temps réel.

Obstacles techniques

Le projet du gouvernement russe pour restreindre l’usage des VPN via les opérateurs se heurte à des obstacles bien plus complexes que prévu. Les fournisseurs ne parviennent en effet pas à adapter leurs systèmes de facturation pour surveiller en direct la consommation de millions d’utilisateurs et prélever automatiquement les nouveaux frais.

Une source suggère que ces modifications ne seront probablement pas achevées avant l’automne, tandis que d’autres indiquent que les opérateurs ont demandé un report de plusieurs mois afin de réviser leurs plans tarifaires et de minimiser l’impact sur les consommateurs. Le ministère du Développement numérique pourrait accorder une prolongation jusqu’au 1er septembre, voire jusqu’au début de l’année 2028.

La définition du trafic international reste un obstacle

Dès le 1er mai, le ministère prévoit de facturer un supplément pour tout trafic internet international dépassant les 15 gigaoctets par mois. Selon plusieurs sources, chaque gigaoctet supplémentaire coûterait en moyenne 150 roubles, soit environ 1,85 euro. Les experts du secteur jugent toutefois cette échéance intenable, car la définition précise de ce qui constitue un trafic « international » reste encore floue.

L’utilisation d’adresses IP étrangères par certaines entreprises russes complique encore davantage cette classification. De plus, les réseaux de diffusion de contenu (CDN) exploités en Russie par des entreprises telles que Google localisent efficacement le trafic, ce qui ajoute une couche supplémentaire de complexité. Les opérateurs manquent également de directives claires concernant les mesures coercitives à prendre à l’encontre des utilisateurs dépassant le seuil de 15 gigabyte sans paiement.

Mise en œuvre complexe

L’instauration de ce nouveau système exige le suivi de quelque 180 millions d’utilisateurs et une révision complète des structures tarifaires. Un tel processus prend généralement des mois, voire un semestre entier. En mars, le ministre du Développement numérique, Maksut Shadayev, avait déjà affirmé que la réduction de l’usage des VPN était une priorité pour son ministère.

Dans le cadre de cette offensive, les opérateurs ont dû cesser, dès le 1er avril, de recharger les comptes Apple ID via les forfaits mobiles. Cette mesure a ainsi coupé un mode de paiement très prisé pour les services VPN. De plus, une limite mensuelle de 15 gigabyte s’applique désormais au trafic lié aux outils de contournement. Le ministère retire par ailleurs l’accréditation des entreprises informatiques facilitant l’accès aux VPN et supprime ses services des listes blanches qui permettent normalement l’accès lors des blocages internet. (fc)

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