Principaux renseignements
- Une analyse révèle que, dans la pratique, le budget fédéral de mobilité n’est souvent pas utilisé pour les transports durables, mais principalement pour payer les frais de logement, tels que le loyer ou l’hypothèque.
- Des inquiétudes grandissantes concernent les inégalités, les abus potentiels et la nécessité d’une réforme ; il est notamment proposé de fixer un plafond pour les frais de logement.
Une analyse récente de KPMG, réalisée à partir des données d’Olympus Mobility et consultée par De Tijd, révèle qu’une part importante des salariés qui utilisent le budget fédéral de mobilité privilégient les frais de logement au détriment des modes de transport durables. Près de la moitié des utilisateurs consacrent l’intégralité de leur budget exclusivement au remboursement de leur prêt immobilier ou au loyer, faisant ainsi totalement l’impasse sur les alternatives écologiques.
De la durabilité à l’optimisation financière
L’objectif premier du budget de mobilité était d’encourager une transition vers des modes de déplacement respectueux de l’environnement, tels que le vélo ou les transports en commun. Cependant, l’étude suggère que le système fonctionne actuellement davantage comme un outil d’optimisation fiscale et résidentielle que comme un levier de changement de comportement.
Les experts Olivier Vanneste et Kathleen Veugelen soulignent qu’il reste difficile de déterminer si cette incitation financière réduit réellement les embouteillages, diminue les émissions ou incite les salariés à se rapprocher de leur lieu de travail.
Préoccupations concernant l’équité et les abus
Des préoccupations concernant l’équité et l’intégrité ont également été soulevées. L’allocation logement dépendant de critères spécifiques, tels que le fait de résider à moins de 10 kilomètres du bureau, certains employés sont confrontés à des inégalités fondées uniquement sur leur fonction ou leur adresse.
De plus, des cas d’abus potentiels ont été signalés, dans lesquels des membres du personnel demandent une réaffectation officielle vers d’autres succursales dans le seul but de satisfaire à l’exigence de distance.
Débat sur le plafonnement des frais de logement
Cette tendance est particulièrement préoccupante alors que le système est sur le point d’être étendu de manière obligatoire. Bien qu’actuellement facultative pour un petit nombre d’employeurs, cette option devra être proposée dès l’année prochaine par les entreprises comptant 50 salariés ou plus, puis peu après par les petites entreprises d’au moins 15 salariés.
En réponse, l’étude préconise une refonte des règles. Parmi les changements suggérés figurent la suppression de la condition de télétravail ou la mise en place d’un barème dégressif pour l’indemnité de distance, afin de rendre le système plus équitable et plus facile à gérer. De même, les syndicats et les organisations patronales ont réclamé un plafonnement, suggérant que les frais de logement ne devraient représenter que la moitié du budget afin d’éviter des incitations perverses. Une telle limite pourrait réduire l’avantage net annuel de certains bénéficiaires de près de 2 000 euros.
(at)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

