Principaux renseignements
- Les attaques de drones ukrainiens ont mis hors service un tiers des capacités de raffinage de pétrole russes.
- De graves pénuries de carburant entraînent un rationnement et des troubles sociaux dans tout le pays.
- Les sanctions internationales bloquent l’accès aux équipements essentiels nécessaires aux réparations.
Les répercussions du conflit en Ukraine deviennent de plus en plus évidentes pour la population russe, alors qu’une grave pénurie de carburant frappe le pays. Une série d’attaques de drones ukrainiens a mis hors service environ un tiers de la capacité de raffinage du pétrole russe. En conséquence, plus de la moitié des régions administratives sont confrontées à des pénuries de carburant. Cela s’est traduit par de longues files d’attente aux stations-service et une frustration croissante au sein de la population, de nombreux citoyens exprimant leur incrédulité face au fait qu’un grand pays producteur de pétrole soit incapable de fournir suffisamment de carburant à sa propre population. C’est ce que rapporte Euronews.
Rationnement
La crise a atteint un stade tel que de nombreuses régions mettent en place un rationnement du carburant. Les réseaux sociaux regorgent de messages faisant état de la hausse des prix et de disputes devant des pompes à essence vides. Le Kremlin a d’abord tenté de minimiser la question. Le président Vladimir Poutine a finalement reconnu que les attaques contre les infrastructures avaient entraîné des pénuries notables, mais a affirmé que la situation restait maîtrisée.
Conséquences économiques
Les analystes économiques soulignent que ces pénuries surviennent à un moment particulièrement mal choisi. Elles coïncident en effet avec le pic de la récolte agricole, période durant laquelle de grandes quantités de gazole sont nécessaires. Les sanctions internationales compliquent encore davantage les efforts de remise en état, car elles rendent coûteux et difficile l’achat de machines occidentales spécialisées pour la réparation des usines endommagées. Ainsi, la remise en état de la raffinerie de Moscou, qui assure près de la moitié de l’approvisionnement en carburant de la capitale, devrait prendre plusieurs mois.
Chute des niveaux de production
Les données indiquent une forte baisse de la production ; le traitement du pétrole brut en juin a atteint son plus bas niveau depuis vingt ans, avec une baisse de 25 pour cent par rapport à l’année précédente. De même, la production d’essence a chuté de 17 pour cent, tombant bien en deçà des besoins du marché intérieur.
Objectifs stratégiques de l’Ukraine
L’Ukraine a utilisé ces attaques – dont plus de 40 ont visé des terminaux, des dépôts et des raffineries – comme un moyen de perturber la logistique militaire et de faire pression sur la Russie pour qu’elle cesse les hostilités. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié ces opérations à longue portée de « riposte de type sanctions », soulignant que le fait de cibler des installations telles que la raffinerie d’Oufa constituait une réaction légitime à l’invasion en cours.
Contre-mesures de la Russie
En réponse, la Russie a attribué la pénurie à des achats motivés par la panique et a restreint les exportations de kérosène et d’essence afin de stabiliser le marché intérieur. Malgré le caractère localisé des attaques, les pénuries qui en résultent se sont propagées jusqu’à des régions éloignées qui n’ont pas été directement visées par les drones. (lv)
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