La guerre, moteur de profits : ces secteurs ont tiré profit du conflit avec l’Iran


Principaux renseignements

  • Les producteurs d’énergie ont tiré parti de l’instabilité régionale pour faire grimper les cours du pétrole et leurs bénéfices à des niveaux records.
  • Les fabricants d’équipements de défense ont accéléré leur production pour répondre à la demande croissante du gouvernement américain et à la diminution des stocks de munitions.

Alors que les États-Unis et l’Iran poursuivent les négociations en vue d’un cessez-le-feu permanent et sur le programme nucléaire iranien, les derniers mois de conflit ont procuré à certains secteurs une manne financière considérable, rapporte Al Jazeera. Malgré l’instabilité économique mondiale et les perturbations commerciales causées par les hostilités, plusieurs secteurs ont vu leurs revenus monter en flèche en raison de la volatilité des marchés.

Gains exceptionnels du secteur de l’énergie

C’est le secteur de l’énergie qui a enregistré les gains les plus immédiats. Une part importante des expéditions mondiales de pétrole et de GNL transitant par le détroit d’Ormuz, les perturbations dans la région ont propulsé les cours du Brent à un pic de 126 dollars le baril, leur plus haut niveau depuis quatre ans. Les principaux producteurs ont tiré parti de cette instabilité ; par exemple, les bénéfices trimestriels de Saudi Aramco ont bondi de 25 pour cent pour atteindre 32,5 milliards de dollars (environ 28,5 milliards d’euros), grâce notamment à sa capacité à contourner le détroit via son oléoduc Est-Ouest.

De même, BP et TotalEnergies ont enregistré des hausses substantielles de leurs bénéfices, tandis que Shell a conservé un bilan solide malgré les dégâts matériels subis par ses actifs au Qatar. Au-delà du Moyen-Orient, les producteurs d’énergie américains et canadiens ainsi que les entreprises de GNL telles que Cheniere Energy ont profité de la recherche, par les acheteurs mondiaux, de sources alternatives plus stables.

Essor de l’industrie de la défense

L’industrie de la défense a également connu une forte hausse de la demande. À la suite des premières frappes, les principaux fabricants d’armes – notamment Lockheed Martin, RTX et Boeing – se sont entretenus avec des responsables américains afin d’accélérer la production alors que les stocks de munitions s’amenuisaient.

Cela a coïncidé avec une augmentation massive des dépenses de défense américaines, le gouvernement ayant approuvé des milliards de dollars de nouveaux financements. En conséquence, des entreprises comme Northrop Grumman ont atteint des carnets de commandes record, tandis que Boeing a considérablement réduit ses pertes grâce à une augmentation des livraisons d’avions.

Hausse des coûts de transport et d’assurance

Les prestataires de logistique maritime et d’assurance ont transformé la crise en source de profits. Les goulets d’étranglement dans le transport maritime et l’allongement des itinéraires ont effectivement réduit la flotte de pétroliers disponible, entraînant une flambée des taux de fret qui ont atteint des sommets historiques. Des opérateurs spécialisés tels que Frontline et DHT Holdings ont vu leurs bénéfices s’envoler alors que le coût du transport du pétrole du Golfe vers l’Asie grimpait en flèche.

Dans le même temps, les assureurs maritimes ont considérablement augmenté les primes liées aux risques de guerre, certains coûts passant de 0,25 pour cent à jusqu’à 10 pour cent de la valeur d’un navire, ce qui leur a assuré une forte rentabilité tant que les victimes civiles restaient peu nombreuses.

Wall Street

Les institutions financières de Wall Street ont également tiré profit de ce chaos. Les six plus grandes banques américaines, dont JPMorgan Chase et Goldman Sachs, ont réalisé collectivement près de 48 milliards de dollars (environ 42,1 milliards d’euros) de bénéfices en un seul trimestre. Cette croissance a été alimentée par une intense activité de négociation sur les devises, les obligations et les matières premières, les investisseurs réagissant au climat politique imprévisible.

(at)

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