Principaux renseignements
- Georges-Louis Bouchez propose de transférer les compétences économiques et commerciales à la Communauté française.
- Cette fédéralisation vise à unifier l’administration fragmentée de la Wallonie et de Bruxelles.
- De sérieux obstacles politiques et l’opposition flamande risquent de bloquer ces réformes.
Georges-Louis Bouchez, chef du parti libéral MR, a suggéré une réorganisation systémique des pouvoirs au sein des territoires francophones de la Belgique. Plutôt que de viser un État monolingue, M. Bouchez propose une « fédéralisation francophone ». Ce projet implique le transfert de certaines compétences des gouvernements régionaux wallon et bruxellois vers la Communauté française. Il estime que des domaines tels que le développement économique, l’image de marque à l’international et le commerce extérieur seraient gérés plus efficacement par la Communauté.
Gouvernance belge
Pour comprendre cette proposition, il faut se pencher sur l’évolution politique complexe de la Belgique. À l’origine un État unitaire fondé en 1830, la Belgique s’est orientée vers un modèle fédéral afin de répondre aux tensions linguistiques et économiques.
Cela a donné naissance à un double système de gouvernance : les Communautés, qui gèrent les questions « douces » telles que l’éducation et la culture en fonction de la langue, et les Régions, qui gèrent les infrastructures « dures », comme le logement, l’emploi et l’environnement, en fonction de la géographie.
Gouvernance décentralisée en Belgique francophone
Alors que la partie flamande du pays a rationalisé ce système en fusionnant ses administrations régionales et communautaires en une seule entité, la partie francophone reste divisée. Le pouvoir est actuellement partagé entre le gouvernement wallon et la Communauté française (la Fédération Wallonie-Bruxelles), la compétence de cette dernière s’étendant à la fois à la Wallonie et à Bruxelles.
Bouchez soutient que cette séparation est inefficace. Il affirme que Bruxelles sert de moteur économique et de vitrine à la Wallonie, tandis qu’une grande partie de la Wallonie fait office de zone de soutien pour la capitale. Il estime que la partie francophone ne tire pas parti du fait que Bruxelles est majoritairement francophone, soulignant que la moitié du PIB de la ville est générée par les navetteurs.
Les obstacles politiques à la réforme
Bien que le MR et Les Engagés dirigent actuellement les gouvernements tant wallon que de la Communauté française et partagent l’objectif de moderniser l’espace francophone, la proposition se heurte à des obstacles de taille. La mise en œuvre d’un tel changement nécessite une majorité des deux tiers, ce qui signifie que Bouchez aurait besoin du soutien de groupes d’opposition tels que le PS, Ecolo et le PTB.
De plus, comme ce projet concerne Bruxelles, il nécessiterait l’accord de la communauté néerlandophone. Bruxelles étant une capitale bilingue et revêtant une importance considérable pour la Flandre, il est peu probable que les responsables politiques flamands acceptent un transfert de compétences « contraignantes ». Par conséquent, les détracteurs ont qualifié cette idée de chimère politique, soulignant que les précédentes tentatives de réorganisation de l’État — telles que la proposition de Paul Magnette en faveur d’un système à quatre régions — n’avaient pas non plus abouti. (fc)
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