Principaux renseignements
- Le Brexit engendre des perturbations structurelles qui renforcent les pressions inflationnistes.
- Les faiblesses du côté de l’offre entravent les objectifs de stabilité des prix de la Banque d’Angleterre.
- L’instabilité politique retarde la mise en place d’un accord commercial essentiel avec l’UE.
Selon Huw Pill, économiste en chef de la Banque d’Angleterre, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a compliqué les efforts visant à stabiliser les prix. Il a suggéré que les changements économiques déclenchés par le Brexit ont créé un contexte dans lequel les pressions inflationnistes sont plus susceptibles de s’ancrer et de s’autoalimenter.
Perturbations structurelles
Ces défis sont en grande partie attribués aux perturbations des marchés du travail et des biens, notamment la perte de la libre circulation et la mise en place de nouveaux obstacles commerciaux. Pill a noté lors d’une présentation en Ouzbékistan que l’ampleur totale de ces transformations structurelles est encore en cours d’analyse, mais il estime qu’elles ont rendu l’économie plus vulnérable à une inflation prolongée.
La lutte pour la stabilité des prix
Ce point de vue rejoint un consensus de plus en plus large parmi les experts économiques selon lequel la rupture des liens étroits avec l’UE a causé un préjudice durable à l’économie britannique. Si la Banque d’Angleterre peut gérer la demande des consommateurs pour freiner l’inflation, le côté « offre » de l’économie — qui a peut-être été affaibli par le Brexit — joue un rôle crucial dans la stabilité des prix. Cela a rendu difficile pour les décideurs politiques de maintenir leur objectif d’inflation de 2 pour cent face aux diverses perturbations mondiales de l’offre.
Évaluation du coût économique
Il reste complexe de déterminer le coût financier précis du Brexit, car son impact s’est mêlé à celui de la crise énergétique et de la pandémie mondiale.
Toutefois, des données récentes de Bloomberg Economics indiquent une perte d’environ 2 pour cent à 4 pour cent du PIB, un chiffre qui correspond aux projections officielles du gouvernement, bien que certaines études indépendantes suggèrent que les pertes en termes de PIB par habitant pourraient être nettement plus élevées.
Les obstacles politiques à la reprise
Face à ces difficultés économiques, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a plaidé en faveur du rétablissement de liens plus solides avec l’UE. Malgré cela, l’instabilité politique au Royaume-Uni a retardé les négociations de haut niveau visant à modifier l’accord sur le Brexit.
Suite à la démission du Premier ministre Keir Starmer, une incertitude persiste quant à la manière dont le prochain gouvernement abordera le rétablissement des relations avec l’Union européenne.
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(ns)

