Principaux renseignements
- La Russie est confrontée à une grave stagnation économique due à des politiques monétaires restrictives et à des perturbations dans l’approvisionnement énergétique.
- L’Ukraine compte sur des prêts massifs de l’UE pour stabiliser ses finances mises à mal par la guerre.
- Les pays d’Europe de l’Est devraient afficher des performances supérieures à la moyenne de la zone euro malgré la faiblesse de l’industrie allemande.
Selon une analyse récente de l’Institut de Vienne pour les études économiques internationales (wiiw), l’économie russe entre dans une période de grave stagnation. Les projections indiquent que la croissance chutera brutalement à 0,6 pour cent cette année.
La politique monétaire restrictive freine l’économie
Vasily Astrov, spécialiste au wiiw, attribue ce recul aux politiques monétaires trop restrictives de la banque centrale, qui ont rendu les prêts inabordables et étouffé tant les investissements des entreprises que les dépenses de consommation. En témoigne la chute de 14 pour cent des investissements au cours du premier trimestre.
De plus, l’économie est freinée par les perturbations de l’approvisionnement en carburant causées par les frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques, ainsi que par des pannes informatiques affectant une économie hautement modernisée. Malgré ces obstacles, le rapport souligne que Moscou dispose toujours des moyens financiers nécessaires pour poursuivre ses opérations militaires.
Difficultés économiques en Ukraine
L’Ukraine est également confrontée à d’importants défis économiques, avec une croissance prévue de 1 pour cent cette année et de 2,5 pour cent l’année suivante.
Au-delà de l’impact direct des frappes russes sur son réseau électrique, l’Ukraine a été affectée par le conflit impliquant l’Iran. Plus précisément, le blocus du détroit d’Ormuz a fait grimper le coût des importations essentielles telles que les engrais et le carburant. Toutefois, un prêt substantiel de l’UE, d’un montant supérieur à 90 milliards d’euros, accordé en avril, a apporté une force stabilisatrice nécessaire aux finances du pays.
L’Europe centrale et orientale
D’une manière générale, l’Europe centrale, orientale et du Sud-Est devrait conserver une forte dynamique économique, indépendamment des tensions autour de l’Iran. Cette croissance est alimentée par l’augmentation des dépenses militaires, la distribution des fonds européens et une consommation privée soutenue.
Néanmoins, Richard Grieveson, directeur adjoint du wiiw, a souligné que les secteurs industriels de la région restent vulnérables en raison de leur forte dépendance vis-à-vis du marché manufacturier allemand, actuellement en difficulté.
(at)
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