Le Royaume-Uni va augmenter ses dépenses de défense, mais cette décision suscite de nombreuses critiques


Principaux renseignements

  • Le Royaume-Uni prévoit un plan de modernisation de la défense de 15 milliards de livres sterling (17,5 milliards d’euros) pour contrer les menaces russes et celles liées aux drones.
  • Un déficit de financement non comblé de 4,7 milliards de livres sterling (5,4 milliards d’euros) menace la mise en œuvre immédiate de ce plan.
  • Les coupes budgétaires dans les projets de transport et d’énergie permettront probablement de financer cette expansion militaire.

La stratégie du gouvernement britannique visant à injecter 15 milliards de livres sterling (17,5 milliards d’euros) dans la défense nationale fait l’objet d’une attention particulière en raison du manque de clarté quant à l’origine de ces fonds. Le Premier ministre Keir Starmer a présenté ce mardi le Plan d’investissement dans la défense (DIP), qui vise à renforcer les capacités militaires afin de contrer l’agression russe et la menace croissante de la guerre des drones.

Le financement n’est pas encore réglé

Une part importante du financement reste en suspens. Environ 4,7 milliards de livres sterling — soit près d’un tiers du total — n’ont pas encore été pris en compte, le gouvernement reportant sa décision concernant ce déficit au budget d’automne.

Ce déficit financier devrait poser des défis immédiats à Andy Burnham, qui devrait succéder prochainement à Starmer au poste de Premier ministre et qui n’a été informé de ce déficit que cette semaine.

Réductions internes

Alors que le gouvernement entend récupérer 10,3 milliards de livres sterling grâce à des réductions internes au sein de Whitehall, les détails de ces coupes restent vagues. Bien qu’une réduction générale de 1 pour cent des dépenses consacrées aux grands projets dans tous les ministères ait été imposée, les secteurs de l’énergie et des transports seront confrontés à des coupes budgétaires plus drastiques.

Des responsables ont indiqué que l’annulation de projets de construction routière et, éventuellement, de certains projets d’extension d’hôpitaux était à l’étude, même si la liste complète des initiatives abandonnées ne sera pas publiée avant l’automne.

Tensions politiques

La transition du pouvoir ajoute une tension supplémentaire à la lutte pour le financement. Le ministre de la Défense, Dan Jarvis, s’est dit confiant quant à la volonté de Burnham de donner la priorité aux investissements militaires, tout en admettant que des négociations rigoureuses seront nécessaires pour obtenir les fonds. Parallèlement, la chancelière Rachel Reeves a mis en garde contre une augmentation de la dette nationale pour couvrir ces coûts, arguant que les dépenses excessives rendent le Royaume-Uni plus vulnérable à l’instabilité internationale et aux chocs économiques.

De plus, les responsables militaires laissent entendre que le Dip n’est qu’un point de départ. Le chef d’état-major de la défense, Richard Knighton, a souligné que pour respecter ses engagements envers l’OTAN, le Royaume-Uni doit continuer à augmenter ses dépenses de défense jusqu’à ce qu’elles atteignent 3,5 pour cent du PIB national d’ici 2035. (fc)

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