La Russie devance l’Occident dans la production d’armes à faible coût et à grande vitesse


Principaux renseignements

  • La Russie devance l’Occident en produisant en masse des armes sophistiquées et abordables.
  • L’électronique chinoise permet à Moscou de développer rapidement la technologie des drones à grande vitesse.
  • L’OTAN est confrontée à un déficit stratégique en utilisant des intercepteurs coûteux contre des cibles bon marché.

La Russie devance à la fois les États-Unis et l’Ukraine dans le développement rapide et la production de masse d’armements sophistiqués et abordables. C’est ce qu’écrit le Wall Street Journal.

En utilisant des composants provenant de Chine — souvent au mépris des sanctions internationales —, Moscou a lancé une nouvelle vague d’armes à propulsion à réaction, notamment les missiles de croisière Banderol et les drones Geran modernisés. Ces systèmes intègrent une électronique de pointe qui améliore leur capacité à naviguer avec précision et à échapper à la détection, modifiant ainsi efficacement le paysage tactique au moment même où l’Ukraine s’était adaptée aux menaces précédentes.

L’écart en matière d’échelle industrielle

Les analystes suggèrent que le succès de la Russie découle d’un cycle hautement efficace de modification, d’essais au combat et de mise à l’échelle rapide. Si l’Ukraine a fait preuve d’agilité dans la création de ses propres drones à réaction, elle ne dispose pas de l’échelle industrielle nécessaire à une production de masse à long terme.

De même, les pays occidentaux et l’OTAN peinent à accélérer la fabrication de moyens de défense essentiels, tels que les intercepteurs Patriot, et ont du mal à faire passer des prototypes innovants à des déploiements à grande échelle.

L’économie de guerre en Russie

La capacité d’adaptation de l’armée russe est alimentée par une économie nationale entièrement orientée vers la guerre. Sous le contrôle centralisé de Vladimir Poutine, les fonds publics et les banques ont été réorientés vers le secteur de la défense, créant un effort de mobilisation sans précédent dans les démocraties occidentales depuis la Seconde Guerre mondiale.

Cela permet à la Russie d’inonder le champ de bataille d’armes « de milieu de gamme » — des systèmes bien moins coûteux que les missiles haut de gamme comme le Tomahawk, mais bien plus performants que les drones basiques. Par exemple, le Geran-5 et le Banderol coûtent tous deux environ 85 000 euros, contre plusieurs millions de dollars pour les missiles de croisière de pointe.

Technologie chinoise

L’évolution du drone Geran illustre cette tendance. Initialement inspiré de drones à hélice lents de fabrication iranienne que l’Ukraine a appris à neutraliser, le nouveau Geran-5 a été transformé en un engin à grande vitesse s’apparentant à un missile.

Selon les renseignements, ce bond en avant a été rendu possible grâce à l’utilisation de composants électroniques et de moteurs à réaction chinois à double usage. Les ingénieurs russes se sont montrés habiles à réutiliser des technologies civiles disponibles dans le commerce pour contourner le brouillage et les contre-mesures électroniques.

La quantité prime sur la qualité

Cette évolution vers la « quantité plutôt que la sophistication » pose un grave dilemme économique et stratégique à l’Occident. Actuellement, les forces de l’OTAN et des États-Unis recourent souvent à des avions de chasse coûteux ou à des missiles Patriot pour détruire des drones bon marché, un compromis insoutenable.

En réponse, les entreprises occidentales s’empressent de développer des intercepteurs plus rapides et plus rentables, bien qu’elles peinent à trouver des moteurs à réaction peu coûteux comparables à ceux que la Russie se procure en Chine.

Implications mondiales

Au-delà des drones, l’Ukraine est confrontée à une attaque aérienne multiforme impliquant des missiles balistiques et des bombes planantes dévastatrices, ces dernières étant pratiquement impossibles à intercepter. Les experts estiment que l’OTAN doit s’orienter vers des défenses plus intégrées, en créant éventuellement une force multinationale dédiée à la lutte contre les drones, utilisant des outils abordables tels que des canons guidés par radar.

De plus, ces développements ont des implications mondiales. La Russie, la Corée du Nord et l’Iran échangeant des renseignements militaires, les innovations testées en Ukraine font rapidement leur apparition dans d’autres zones de conflit, notamment dans le golfe Persique. Alors que l’OTAN a promis des milliards pour la technologie de lutte contre les drones, certains experts avertissent que l’Occident a été trop lent à anticiper ces tendances, malgré des indicateurs clairs montrant que la Russie s’orientait vers une guerre aérienne à faible coût et à grande vitesse. (fc)

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