Baromètre: les artisans de la Vivaldi ont le vent en poupe, à l’exception de Georges-Louis Bouchez (MR)

Le gouvernement De Croo I (Isopix)

Numéro un en Flandre, numéro deux à Bruxelles et en Wallonie, les premiers pas d’Alexander De Croo dans le costume de Premier ministre auraient difficilement pu mieux se dérouler, selon un récent sondage. Et dans son sillage, les personnalités qui ont œuvré à la mise en place de la coalition Vivaldi affichent également de belles cotes de popularité. Une réalité qui n’éclipse toutefois pas le fait que la plupart des partis au gouvernement sont en perte de vitesse par rapport aux élections de 2019.

Le nouveau Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), est la personnalité la plus populaire de Flandre, selon le dernier sondage Ipsos réalisé pour Het Laatste Nieuws, Le Soir, VTM et RTL. Il pointe également à la seconde place à Bruxelles et en Wallonie où il n’est devancé que par sa prédécesseure, Sophie Wilmès (MR).

À l’instar de cette dernière, la plupart des artisans de la mise en place du gouvernement De Croo Ier – Paul Magnette (PS), Conner Rousseau (sp.a), Egbert Lachaert (Open Vld)… – jouissent d’une belle cote de popularité. C’est également le cas de plusieurs ministres de nouvel attelage fédéral: Frank Vandenbroucke (sp.a), Georges Gilkinet et Zakia Khattabi (Ecolo), ou encore Vincent Van Quickenborne (Open VLD).

Tout aussi révélateur, Georges-Louis Bouchez (MR) voit sa cote de popularité se réduire comme peau de chagrin. Absent des tops 20 wallon et flamand, le président des libéraux pointe à la 19e position à Bruxelles, où il perd 14 places par rapport au précédent sondage datant du mois de juin. Ses atermoiements au moment de l’emballage final de la coalition Vivaldi n’ont, semble-t-il, pas joué en sa faveur. Il n’a certainement pas été aidé non plus par le fiasco de son casting ministériel raté, le sondage ayant été effectué entre le 2 et le 8 octobre, c’est-à-dire en plein pendant le psychodrame libéral qui en a résulté.

Quant aux personnalités restées à quai après le départ du train Vivaldi, elles affichent pour la plupart un recul de popularité, notamment les représentants de la N-VA et du Vlaams Belang.

Les partis Vivaldi en perte de vitesse, tout bénef’ pour les extrêmes

Mais ces résultats personnels ne doivent pas occulter le fait que les partis derrière les hommes et les femmes politiques, aussi populaires soient-ils/elles, ont rencontré des faveurs plus diverses dans le chef des personnes sondées, en particulier du côté francophone.

En termes de sièges à la Chambre, les projections du sondage Ipsos montrent un recul de 3 sièges du PS, qui passe virtuellement de 20 à 17. Une baisse qui toutefois compensée par le gain de 3 sièges du sp.a. Le phénomène est encore plus marqué dans les rangs libéraux avec un MR en perte de vitesse, qui ne perd néanmoins pas de siège (14), et un Open Vld qui laisse filer 2 sièges pour n’en plus disposer que de 10, malgré la popularité de son fer de lance Premier ministre et un léger regain du parti. Chez les écologistes, le gain d’un siège par Ecolo (14) ne compense pas la dégringolade de Groen qui passe de 8 à 5 sièges dans l’hémicycle. Le CD&V enfin, n’est pas récompensé pour sa montée chèrement négociée dans le gouvernement et perd virtuellement 2 sièges, passant de 12 à 10.

Dans l’opposition, la N-VA, qui passe de 25 à 21 sièges, et le cdH, de 5 à 4, n’en profitent pas du tout. Au contraire des extrêmes: le Vlaams Belang passe virtuellement de 18 à 25 sièges et le PTB-PVDA de 12 à 16.

Le test corona

Toujours est-il que le frais émoulu gouvernement De Croo s’apprête déjà à vivre son premier gros test: le spectre d’un reconfinement.

Malgré les dernières mesures prises fin de semaine dernière, et qui ne semblent pas encore porter leurs fruits, les chiffres relatifs à l’épidémie de coronavirus continuent de grimper inexorablement, à tel point que le mot ‘reconfinement’ n’est désormais plus tabou.

‘Si ça ne s’améliore pas, on va devoir prendre des mesures plus contraignantes et ce sera pire qu’aujourd’hui’, a notamment déclaré le Premier ministre le week-end dernier.

Quant au nouveau ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, il a pour sa part déclaré qu’il ne pouvait pas garantir qu’un nouveau confinement n’aurait pas lieu prochainement. ‘La seule chose que je peux garantir, c’est que si nous nous attaquons tous ensemble au problème, nous avons les meilleures chances de réaliser ce que nous souhaitons réaliser: maintenir les écoles ouvertes, faire fonctionner les entreprises et faire en sorte que les hôpitaux ne soient pas débordés.’

La belle popularité d’Alexander De Croo et de ses ministres survivra-t-elle à une mesure aussi impopulaire qu’un nouveau confinement, même s’il est moins strict que celui de mars? Les jours à venir devraient nous permettre de savoir si une telle mesure sera effectivement mise en place. Auquel cas la manière dont elle sera annoncée et la ‘pédagogie’ dont fera preuve le gouvernement seront décisives pour l’image du gouvernement De Croo auprès de la population pour les prochaines semaines, voire les prochains mois.

  • Le sondage d’Ipsos a été réalisé en ligne, du 2 au 8 octobre, auprès de 2.595 répondants de plus de 18 ans et formant des échantillons représentatifs de la population. Notons par ailleurs que sa marge d’erreur maximale est relativement élevée.

Les tendances par rapport aux derniers sondages

  • Flandres

  • Wallonie

  • Bruxelles