Principaux renseignements
- Les installations éoliennes terrestres en Flandre ont chuté à des niveaux historiquement bas.
- Des lois d’urbanisme strictes bloquent les nouveaux projets d’éoliennes.
- La stagnation actuelle retarde les objectifs climatiques d’une décennie entière.
La Flandre est confrontée à un grave recul des installations éoliennes terrestres, l’année 2026 s’annonçant comme la moins productive jamais enregistrée.
La Flandre construit de moins en moins d’éoliennes
Les données demandées par la députée de Groen, Nadia Naji, aux ministres Jo Brouns (cd&v) et Melissa Depraetere (Vooruit) révèlent une stagnation alarmante. Seules deux nouvelles éoliennes, totalisant 6,75 MW, ont été installées depuis le début de l’année.
Cette situation s’inscrit dans une tendance à la baisse constante depuis 2022, année où la production avait atteint un pic avec 49 éoliennes (202 MW). Les chiffres ont chuté à 17 en 2023, 20 en 2024 et 12 en 2025, ce qui suggère que la région s’éloigne de plus en plus de ses objectifs en matière d’énergie verte au lieu de rattraper son retard.
Objectifs climatiques menacés
Le rythme actuel de développement met en péril les propres objectifs climatiques du gouvernement flamand. Pour atteindre l’objectif de 2 800 MW de capacité éolienne terrestre d’ici 2030, la région a besoin d’une augmentation annuelle d’environ 175 MW.
Or, entre 2023 et 2025, seul un tiers environ de cet objectif – soit une moyenne de 59 MW par an – a été atteint. Naji prévient que si cette trajectoire se poursuit, le gouvernement n’atteindra pas ses objectifs avant 2040, soit une décennie entière après la date butoir, tandis que les citoyens continueront à faire face à des factures d’énergie élevées.
Lois restrictives en matière d’urbanisme
Un facteur important de ce ralentissement est le durcissement des lois en matière d’urbanisme. L’année dernière, les ministres Brouns et Depraetere ont mis en place des exigences de distance plus strictes, imposant que les éoliennes soient situées à une distance égale à trois fois la hauteur de leur pointe par rapport aux habitations.
Naji fait valoir que ces réglementations rendent la réalisation de nouveaux projets pratiquement impossible. Alors que les ministres ont justifié les règles en invoquant un manque de soutien de la population, Naji rétorque que celle-ci est encore moins disposée à accepter les effets dévastateurs de la crise climatique.
Priorités politiques
L’urgence de la transition énergétique est soulignée par les récentes catastrophes environnementales. La Belgique a récemment enregistré le taux de mortalité lié à la canicule le plus élevé d’Europe cet été, et les Hautes Fagnes ont été ravagées par le plus grand incendie de forêt de l’histoire du pays.
Naji critique le manque de leadership et de priorité du gouvernement, suggérant que l’administration se concentre davantage sur des projets d’infrastructure comme l’aéroport de Deurne que sur la transition vers l’abandon des combustibles fossiles pour lutter contre une urgence climatique qui ne cesse de s’aggraver.
(at)
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