EDF obtient le feu vert pour les travaux préparatoires en vue de la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires près de Gravelines


Principaux renseignements

  • EDF a reçu l’autorisation du gouvernement pour commencer les travaux de préparation du site en vue de l’implantation de deux nouveaux réacteurs EPR2 à Gravelines.
  • La France souhaite mettre en service jusqu’à 14 réacteurs de nouvelle génération afin de décarboner son tissu industriel.
  • Des perturbations d’origine biologique et météorologique ont récemment réduit la capacité nucléaire française de plus de 20 pour cent.

La compagnie d’électricité publique française EDF a obtenu l’autorisation officielle du gouvernement pour entamer les travaux préparatoires en vue de la construction de deux futurs réacteurs nucléaires EPR2 sur le site de Gravelines, dans la région du Nord. Le décret, signé notamment par le Premier ministre français Sébastien Lecornu, accorde à l’entreprise ce permis d’environnement qui lui permet de commencer les travaux de terrassement. Toutefois, l’autorisation définitive pour la construction des réacteurs eux-mêmes ou l’installation des composants de sûreté nucléaire n’a pas encore été accordée.

Des travaux préliminaires

Les activités prévues comprennent la mise en place d’installations de chantier, la modernisation des plates-formes et le déplacement du terminus ferroviaire de la centrale. Les travaux d’ingénierie comprendront le renforcement du sol, la création d’un canal d’adduction et la mise en place d’une barrière étanche sous le futur site industriel. Par ailleurs, le projet prévoit la protection et le déplacement de la faune et de la flore locales, ainsi que la création d’un nouveau centre d’information du public. Ces opérations s’étendront principalement sur les communes de Longs-Plage et de Gravelines, avec une petite partie s’étendant jusqu’à Bourbourg et Craivic.

Stratégie nucléaire nationale

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du président français Emmanuel Macron visant à mettre en service six réacteurs à eau pressurisée de nouvelle génération, avec la possibilité d’ajouter huit tranches supplémentaires. Gravelines, Penly et Bugey ont été retenus comme sites principaux. Les deux réacteurs de 1 600 MW proposés à Gravelines viendront compléter les six tranches existantes de 900 MW. Ces réacteurs soutiendront ainsi la transition de la région de Dunkerque, qui passera des combustibles fossiles à une base industrielle à faible empreinte carbone. Les autorités françaises devraient prendre une décision définitive d’investissement concernant les six réacteurs EPR2 d’ici fin 2026. Les deux premiers devraient être opérationnels en Normandie en 2038.

Défis opérationnels

Malgré ces projets d’extension, la centrale de Gravelines, la plus grande de ce type en Europe occidentale, a récemment connu des perturbations opérationnelles. En août, trois réacteurs se sont arrêtés automatiquement après qu’une importante quantité de méduses provenant du port de Dunkerque a envahi les stations de pompage. L’Autorité de sûreté nucléaire a confirmé que le refroidissement des équipements était resté stable. Cet incident reflète toutefois des défis similaires à ceux rencontrés par des centrales nucléaires en Écosse, en Suède et aux États-Unis.

Impact sur la capacité énergétique

Ces perturbations d’origine biologique ont coïncidé avec des conditions météorologiques extrêmes, entraînant une chute historique de la production nucléaire française. La combinaison d’une chaleur extrême, d’une sécheresse et d’invasions de méduses a entraîné la mise hors service de plus de 20 pour cent de la capacité nucléaire du pays. Sur 57 réacteurs, 13 ont été touchés. Huit étaient complètement à l’arrêt, dont plusieurs à Gravelines, tandis que cinq fonctionnaient à capacité réduite. Ces arrêts revêtent une importance particulière, car l’énergie nucléaire produit environ 70 pour cent de l’électricité française.

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