Hôpitaux, reconfinement, couvre-feu… On fait le point sur la situation

La Rue Neuve à Bruxelles avec tous les magasins fermés, le 30 mars. (EPA-EFE/OLIVIER HOSLET)

Les dernières mesures prises par les autorités fin de semaine dernière ne semblent pas encore porter leurs fruits. Les chiffres relatifs à l’épidémie de coronavirus en Belgique continuent de grimper inexorablement, à tel point que le mot ‘reconfinement’ n’est désormais plus tabou.  

Les chiffres du jour

Il y a eu en moyenne 4.145 nouvelles infections quotidiennes au coronavirus entre le 2 et le 8 octobre, soit une hausse de 89% par rapport à la période précédente de sept jours, selon les chiffres communiqués par Sciensano.

Le taux de positivité (la proportion de personnes positives par rapport à l’ensemble des tests effectués) est quant à lui passé à 10,4%.

On a également dû déplorer le décès de plus de 16 personnes par jour entre le 2 et le 8 octobre (+6,7%) des suites du coronavirus.

Au total, 162.258 personnes ont officiellement été infectées par le nouveau coronavirus depuis le début de l’épidémie en Belgique, et 10.191 en sont décédées.

La tension monte dans les hôpitaux

Concernant la situation dans les hôpitaux, les chiffres ne sont également guère rassurants. Entre le 5 et le 11 octobre, on a enregistré en moyenne 125 nouvelles hospitalisations quotidiennes, soit une hausse de 67,5% par rapport à la période précédente. À l’heure actuelle, 1.329 patients sont à l’hôpital pour cause de Covid-19, dont 243 dans les unités de soins intensifs.

Pour faire face à cet afflux de patients, plusieurs hôpitaux ont commencé à reporter les soins non urgents, peut-on lire dans De Standaard ce lundi.

Les hôpitaux anversois Ziekenhuis Netwerk Antwerpen (ZNA) et Gasthuiszusters Antwerpen (GZA) ont en effet dû reporter ou annuler plusieurs opérations la semaine dernière. Même chose à l’UZ Leuven, où un certain nombre de Bruxellois atteints du Covid-19 ont été transférés. Au CHU de Liège, près d’un tiers des admissions non urgentes ont été annulées.

Et il est fort probable que la situation se généralise à tous les hôpitaux du pays durant la semaine à venir, estime Margot Cloet, administratrice déléguée de la fédération flamande des établissements hospitaliers Zorgnet-Icuro.

Pour rappel, la première phase du plan fédéral prévoit que tous les hôpitaux réservent 15% de leurs lits de soins intensifs aux patients atteints du Covid-19. Toutefois, certains établissements en sont déjà à 25%, ce qui correspond à la phase 2.

Selon le porte-parole du SPF Santé Jan Eyckmans, un passage en phase 2 pourrait s’opérer dès cette semaine, même s’il rappelle que le report de soins n’est en principe d’application que ‘lorsque les hôpitaux réservent 50% de leurs lits de soins intensifs aux patients Covid-19.’

Vers un couvre-feu à Bruxelles et en Wallonie?

Les dernières mesures prises par les autorités ne devraient pas montrer leurs effets avant encore environ une semaine. Un délai bien trop long au vu de l’évolution actuelle des chiffres. C’est pourquoi des mesures plus drastiques sont d’ores et déjà envisagées par les autorités.

‘Si ça ne s’améliore pas, on va devoir prendre des mesures plus contraignantes et ce sera pire qu’aujourd’hui’, a notamment déclaré le Premier ministre Alexander De Croo, le week-end dernier.

Face aux chiffres ‘inquiétants’ en Région wallonne, une réunion des gouverneurs de province a été programmée dans la journée de ce lundi. Il y sera question d’une éventuelle mise en place d’un couvre-feu entre une heure et six heures du matin, sauf dérogations.

‘L’idée est d’inciter à rentrer chez soi plus tôt et éviter les fêtes clandestines’, a expliqué le gouverneur de la province de Namur, Denis Mathen, sur Bel RTL ce matin. ‘Si on rentre de soirée pendant la nuit, on risque un contrôle et donc un P.V.’

La fermeture totale des bars et cafés, comme c’est déjà le cas à Bruxelles, ne serait par contre pas (encore?) sur la table des gouverneurs de province.

‘La dernière phase avant un nouveau confinement’

Pour le professeur en biostatistique Geert Molenberghs, qui conseille les membres du Celeval, de nouvelles mesures sont en effet indispensables, sans quoi un nouveau confinement sera inévitable.

‘Nous sommes vraiment dans la dernière phase avant un lockdown. Heureusement, nous pouvons encore l’éviter, mais il faut alors prendre de nouvelles mesures’, a-t-il déclaré sur VTM dimanche. Par exemple, rendre le télétravail obligatoire, fermer les cantines et cafés, etc.

Le nouveau ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a pour sa part déclaré qu’il ne pouvait pas garantir qu’un nouveau confinement n’aurait pas lieu prochainement.

‘La seule chose que je peux garantir, c’est que si nous nous attaquons tous ensemble au problème, nous avons les meilleures chances de réaliser ce que nous souhaitons réaliser: maintenir les écoles ouvertes, faire fonctionner les entreprises et faire en sorte que les hôpitaux ne soient pas débordés.’

‘Ce sera un automne difficile’, a-t-il également prévenu. ‘Les jours deviennent plus courts, plus sombres et plus froids. C’est difficile pour tout le monde. Nous devons maintenant respecter strictement ce qui a été convenu. Plus nous sommes stricts envers nous-mêmes, moins les prochaines étapes seront drastiques.’

Un confinement comme en mars?

Le mot ‘confinement’ est donc à nouveau dans l’air. Si l’on ne peut évidemment rien garantir à ce stade, un futur reconfinement ne devrait toutefois pas être une copie conforme du lockdown décidé en mars dernier.

La mise à l’arrêt quasi-totale du pays semble hors de question. Les écoles, les entreprises et les transports en commun devraient donc continuer à fonctionner même en cas de confinement bis.

Mais le télétravail pourrait être rendu obligatoire, tandis que les restaurants, les magasins (hors alimentation), les cinémas, lieux culturels, etc. pourraient être à nouveau obligés de fermer.

La semaine à venir s’annonce donc déterminante.

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