La plus grande IPO de l’année au Nasdaq rentre dans les rangs

C’est le risque avec les actions qui bénéficient d’un effet FOMO. La moindre information contrariante peut faire office de lourde chute sur les marchés. C’est le cas de Rivian qui a plongé de 17% ce lundi.

Au plus fort de sa valeur, l’action Rivian atteignait presque les 180 dollars. L’emballement des investisseurs – ne voulant pas rater ce qu’ils imaginent être le prochain Tesla – était tel, que le constructeur de véhicules électriques pesait plus sur les marchés que VW, Ford ou encore GM. Pourtant, Rivian n’a pas encore construit 1.000 véhicules et ses revenus sont proches de zéro. Mais cette entrée en bourse au Nasdaq fut la plus importante de l’année.

Ce lundi, le patron de Ford a annoncé qu’il arrêtait sa collaboration avec le constructeur qui deviendra peut-être à l’avenir un solide concurrent. Ford avait investi 500.000 dollars dans Rivian en 2019 et avait noué un partenariat pour la construction de véhicules électriques. Mais Ford a changé de stratégie, comme l’explique Jim Farley à Automotive news: “Actuellement, nous avons confiance en notre capacité à gagner sur le marché électrique. Quand vous comparez la situation avec celle lorsque nous avons investi, tout a changé. Nos capacités, la direction de la marque, et ce que nous devons faire est désormais certain.

Avec ce soutien en moins, l’action Rivian a plongé pour aboutir à 118 dollars ce mardi matin.

Une petite musique de fond à Wall Street

D’autres facteurs annexes peuvent expliquer ce coup de mou.

  • D’abord, il y a la crainte de la hausse des taux d’intérêt. Une hausse des taux d’intérêt signifie généralement une réduction de la croissance des bénéfices pour les investisseurs. Mais cette crainte n’est pas déterminante à elle seule. D’abord parce qu’aucune hausse de taux n’est attendue avant mi-2022, ensuite parce que Joe Biden vient de prolonger Jerome Powell à la tête de la Fed, ce qui a plutôt tendance à rassurer les investisseurs.
  • Plus déterminant est sans doute l’avertissement de Goldman Sachs qui exhortait, dans une note ce 19 novembre, les gestionnaires de portefeuille d’éviter les entreprises à la croissance rapide: « Notre recommandation est d’éviter les entreprises à croissance rapide entièrement valorisées sur des attentes de croissance à long terme, qui seront plus vulnérables au risque de hausse des taux d’intérêt ou de revenus décevants », ont écrit les analystes. « En revanche, les actions de croissance avec une rentabilité actuelle élevée ont des durées comparativement plus courtes et sont donc moins exposées au risque de hausse des taux d’intérêt. »

Parmi ces actions, le média économique américain CNBC cite Palantir, Zoom, Meta ou encore Alphabet, soit des valeurs sûres du monde de la tech.

  • Dans une chronique parue dans The Street, l’analyste Mark Hulbert poussait le curseur encore un peu plus loin. Pour lui, face au risque de correction boursière à venir, il est sans doute préférable d’écouter les investisseurs plus aguerris qu’il oppose aux jeunes loups qui n’ont pas encore connu de krach boursier majeur. Dans ce Kids Market, il conseille de privilégier les actions de valeur (sous-évaluée) aux actions de croissance (sur-évaluée).

Une information pas déterminante non plus à elle seule, mais c’est la petite musique de fond à Wall Street: il faut être sur ses gardes, particulièrement en 2022.

Rivian dispose lui toujours de son plus grand allié: Amazon, qui détient 20% des parts de l’entreprise et qui a fait la commande de 100.000 véhicules. Ce coup de mou n’est donc pour l’instant qu’un coup de mou. Il permettra à d’autres investisseurs de débarquer dans l’aventure Rivian, l’anti-Tesla.

Voici à quoi ressemblera la flotte de camionettes électriques d’Amazon – Credit : Mark Reinstein/Shutterstock/Isopix

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