Principaux renseignements
- La Nouvelle-Zélande accélère l’exploitation aurifère afin de redynamiser son économie en difficulté.
- L’accélération du processus législatif réduit les délais d’approbation des projets afin d’attirer les investisseurs internationaux.
- L’expansion industrielle rapide menace le label environnemental « 100 pour cent Pure » du pays.
Poussée par la flambée des cours de l’or, la Nouvelle-Zélande accélère de manière agressive le développement de son secteur aurifère afin de stimuler une économie en difficulté, rapporte Reuters.
Ce changement stratégique implique d’attirer de nouveaux investisseurs et de rationaliser les délais de mise en œuvre des projets, bien qu’il crée une tension avec la réputation mondiale du pays en matière de pureté environnementale.
Prévisions de croissance
Les prévisions indiquent que la production d’or pourrait doubler d’ici le milieu des années 2030, atteignant des niveaux jamais vus depuis trente ans. Cette forte hausse est soutenue par deux projets récemment autorisés et un autre en attente d’approbation.
Une telle croissance permettrait probablement au pays de dépasser son objectif officiel d’atteindre 3 milliards de dollars néo-zélandais (environ 1,5 milliard d’euros) d’exportations minières annuelles, y compris l’argent et le charbon, d’ici 2035.
L’image « 100 pour cent Pure »
Le gouvernement mise sur l’industrie minière pour lutter contre la hausse du chômage et les tendances économiques pessimistes. Les chiffres officiels indiquent une augmentation de 16 pour cent en glissement annuel du nombre de permis d’exploration et de prospection délivrés. Cependant, cette expansion a suscité l’inquiétude des responsables agricoles et des défenseurs de l’environnement, qui craignent que l’exploitation minière industrielle ne ternisse l’image « 100 pour cent Pure » utilisée pour promouvoir le tourisme et les exportations néo-zélandaises.
Tensions politiques et procédure législative accélérée
Le paysage politique reste une variable cruciale, les élections du 7 novembre prochain pouvant potentiellement modifier les orientations politiques. Actuellement, le gouvernement recourt à une loi de 2024 visant à réduire les délais d’approbation des projets énergétiques et miniers critiques, les ramenant de plusieurs années à quelques mois seulement.
Ce mécanisme de « procédure accélérée » contourne certaines réglementations standard et limite les possibilités d’opposition de la part du public. Alors que des entreprises comme OceanaGold ont déjà bénéficié de ce système, le Parti travailliste, dans l’opposition, s’est engagé à réviser la législation afin de garantir le maintien des garanties environnementales.
L’impact financier des exportations d’or
Sur le plan économique, l’or est devenu un atout essentiel. Les recettes d’exportation tirées de ce métal ont presque triplé au cours des trois dernières années, représentant désormais 2,3 pour cent de l’ensemble des exportations de marchandises. Certains projets, tels que l’exploitation de Snowy River, devraient créer des centaines d’emplois régionaux et générer au moins 350 millions de dollars néo-zélandais (environ 174,6 millions d’euros) de recettes d’exportation annuelles.
(at)
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