Les États-Unis investissent 1,7 milliard de dollars pour prolonger la durée de vie des bombardiers B-1 et B-2


Principaux renseignements

  • L’armée de l’air américaine investit 1,7 milliard de dollars (1,5 milliards d’euros) pour prolonger la durée de vie des bombardiers B-1 et B-2.
  • La lenteur de la production du B-21 Raider rend nécessaires ces modernisations de la flotte afin d’éviter une lacune en matière de bombardement stratégique.
  • De nouvelles technologies permettent au B-21 de pénétrer les défenses aériennes avancées et d’opérer à partir d’aérodromes rudimentaires.

Malgré son intention initiale de les retirer progressivement du service, l’armée de l’air américaine investit 1,7 milliard de dollars pour prolonger la durée de vie opérationnelle de ses bombardiers B-1 et B-2 jusqu’à la fin des années 2030. Cette décision s’explique par la lenteur du rythme de production du B-21 Raider, destiné à succéder à ces appareils.

Les experts avertissent que le nombre prévu de B-21 pourrait s’avérer insuffisant pour répondre aux besoins stratégiques, ce qui rendra nécessaire le maintien en service des flottes plus anciennes afin d’éviter une lacune dans les capacités de bombardement.

Modernisation du B-1B Lancer

Le B-1B Lancer bénéficie d’une enveloppe de 342 millions de dollars (300 millions d’euros) pour des mises à niveau entre 2027 et 2031 afin de maintenir son efficacité. L’une des principales améliorations consiste en l’installation de pylônes modulaires adaptables à la charge (LAM).

Ces nouveaux dispositifs utilisent des points d’emport structurels auparavant soumis à des restrictions en vertu des traités sur les armements, permettant ainsi au B-1 de transporter un large éventail d’armements, notamment des missiles hypersoniques et un volume plus important de munitions guidées telles que le LRASM et le JASSM.

Maintien en service du B-2 Spirit et du B-52

Parallèlement, 1,35 milliard de dollars (1,18 milliard d’euros) sont alloués à la flotte de B-2 Spirit. Le B-2 reste un atout indispensable en raison de ses capacités de furtivité et de sa longue portée, comme l’ont démontré les missions menées contre des cibles iraniennes au cours desquelles il a largué des bombes anti-bunkers « Massive Ordnance Penetrator » depuis des bases situées dans le Missouri. Le B-2 étant actuellement le seul bombardier furtif opérationnel du parc, les analystes militaires estiment que son retrait prématuré pour des raisons budgétaires créerait une vulnérabilité dangereuse en matière de capacités de frappe à longue portée.

Par ailleurs, l’armée de l’air modernise sa flotte de B-52 en configuration « J », en y intégrant des cockpits vitrés modernes et de nouveaux moteurs Rolls-Royce.

Le bond technologique du B-21 Raider

Le B-21 Raider représente un bond technologique générationnel, grâce à une détectabilité « extrêmement faible » et à une gestion thermique avancée lui permettant de pénétrer des défenses aériennes sophistiquées, telles que celles développées par la Chine.

Contrairement au B-2, le B-21 ne nécessite pas de hangars climatisés et peut opérer à partir d’aérodromes rudimentaires, ce qui permet un déploiement avancé. Il utilise également une architecture en système ouvert pour des mises à jour rapides de l’avionique et est conçu pour s’intégrer à des drones « loyal wingman ».

Quelle sera la taille de la flotte de B-21 ?

Cependant, la taille de la flotte constitue un sujet de controverse majeur. Alors que le gouvernement prévoit actuellement d’acquérir 100 Raiders, certains analystes stratégiques estiment qu’il en faudrait 288 pour garantir une dissuasion crédible et pallier les pertes potentielles. Selon certaines spéculations, l’armée de l’air pourrait augmenter ses commandes de B-21 en réaffectant des fonds provenant du coûteux programme de chasseurs « Next Generation Air Dominance » (NGAD).

Tant que le B-21 ne sera pas pleinement opérationnel en nombre suffisant, les flottes modernisées de B-1, B-2 et B-52 resteront essentielles à la sécurité nationale et à la dissuasion stratégique des États-Unis. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus