Les prix de l’électricité atteignent des niveaux records en raison de la vague de chaleur et de la forte demande en climatisation


Principaux renseignements

  • Les prix de gros de l’électricité atteindront des niveaux records en raison d’une demande extrême en climatisation.
  • Une production insuffisante d’énergie solaire et éolienne entraîne une dépendance accrue vis-à-vis des centrales électriques au gaz, ce qui coûte cher.
  • Les arrêts de centrales nucléaires en France, dus à la chaleur, déstabilisent encore davantage le réseau énergétique régional.

Les coûts de l’électricité devraient atteindre des niveaux sans précédent ce soir et demain soir, sous l’effet d’une forte hausse de la demande en climatisation. Les tarifs du marché de gros devraient dépasser les 650 euros par mégawattheure ce soir, le pic de demain pouvant même dépasser les 1 000 euros, un record historique.

La situation résulte d’une « crise de la puissance de refroidissement », qui survient lors de vagues de chaleur extrêmes, lorsque les systèmes de climatisation fonctionnent à plein régime. Alors que l’énergie solaire répond généralement à cette demande pendant la journée, sa production chute brutalement en soirée. Conjuguée à un manque de vent, cette situation oblige les réseaux électriques à recourir aux centrales à gaz. Ces dernières ayant été moins sollicitées pendant la journée, leur mise en service soudaine fait grimper les coûts.

Pics de prix prévus

Ce soir, les prix devraient atteindre un pic d’environ 658,09 euros par mégawattheure vers 20 h 45, soit huit fois plus que le tarif de l’après-midi, qui était de 80 euros. Les prix devraient revenir à la normale, sous la barre des 200 euros, d’ici minuit.

Cependant, les perspectives pour demain soir sont plus alarmantes, les prix prévus pouvant atteindre le chiffre vertigineux de 1 038,25 euros.

Contrat d’énergie dynamique

L’impact financier varie selon les consommateurs. Seuls ceux disposant de contrats d’énergie dynamiques – qui suivent les prix de gros en temps réel – ressentiront immédiatement ces pics, même s’ils bénéficient également des baisses de tarifs ou des tarifs négatifs.

En Flandre, seuls 1,3 pour cent des foyers ont recours à ce type de contrats. Les personnes souscrivant à des formules à tarif variable ne subiront qu’un impact minime, leurs coûts étant lissés sur des périodes plus longues.

France

Les pays voisins connaissent également des hausses de prix, bien que la France soit moins touchée grâce à son parc nucléaire, les tarifs oscillant autour de 280 euros. Malgré cela, la capacité de la Belgique à importer de l’électricité française est limitée par la capacité du réseau. Matthias Detremmerie, d’Elindus, note que la Belgique ne dispose pas d’une production nationale suffisante pour compenser lorsque la production éolienne et solaire est faible.

Pour aggraver encore l’instabilité, la centrale nucléaire française de Golfech a été mise à l’arrêt lundi car la Garonne était devenue trop chaude pour refroidir les réacteurs en toute sécurité sans enfreindre la réglementation environnementale. Des réductions potentielles de production sur d’autres sites, tels que Bugey, sont également envisagées. Detremmerie prévient que, à mesure que davantage de centrales nucléaires seront confrontées à des arrêts liés à la chaleur, le recours accru à l’électricité produite au gaz risque de faire grimper les prix de l’électricité et du gaz tout au long de l’été.

(at)

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