Les chefs des plus grandes armées européennes se réunissent cette semaine à Berlin


Principaux renseignements

  • Berlin accueillera le premier sommet des dirigeants de l’E5 afin de coordonner la défense européenne et le soutien à l’Ukraine.
  • Ces dirigeants cherchent à définir une stratégie commune avant le sommet de l’OTAN afin de se prémunir contre les revirements politiques américains.
  • Des tensions internes persistent, la Pologne et l’Italie s’opposant à l’E3 au sujet de leur influence diplomatique.

Le 24 juin, Berlin accueillera le premier sommet des dirigeants du « Groupe des Cinq européens » (E5), qui réunira les chefs d’État de l’Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Pologne et de l’Italie. Bien que cette coalition ait été créée en 2024 pour mieux coordonner l’armement de l’Ukraine et promouvoir le réarmement européen, les interactions précédentes s’étaient limitées aux ministres de la Défense. Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui avait déjà fait part de son intention d’organiser cette rencontre, en a désormais fixé la date.

Préparation du sommet de l’OTAN

Cette réunion se tient dans un contexte marqué par d’importantes transitions politiques et des pressions stratégiques. Le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait y participer bien qu’il ait annoncé son intention de démissionner de la tête du Parti travailliste. Il restera toutefois en fonction jusqu’à la nomination de son successeur.

Ce sommet constitue une étape préparatoire cruciale avant la réunion de l’OTAN à Ankara les 7 et 8 juillet, où les dirigeants européens espèrent harmoniser leurs stratégies en prévision d’une administration américaine potentiellement plus critique sous Donald Trump.

S’appuyer sur les engagements du G7

Ces discussions font suite au sommet du G7 à Évian-les-Bains, où le président Volodymyr Zelensky a obtenu des engagements en faveur d’un renforcement des livraisons de matériel de défense aérienne et de sanctions plus strictes sur les exportations énergétiques russes.

Des rapports diplomatiques indiquent également que les membres du G7 ont accepté d’autoriser les entreprises ukrainiennes à fabriquer localement des missiles à longue portée et des systèmes de défense. Zelensky a exhorté les nations européennes à jouer un rôle plus proactif, les initiatives diplomatiques menées par les États-Unis s’étant enlisées.

Divisions internes

Cependant, des frictions internes persistent au sein de l’E5 concernant la gestion de la question russe. Les tensions se sont accrues entre l’« E3 » (Royaume-Uni, France et Allemagne), qui préfère mener les négociations, et l’Italie et la Pologne, qui se sont senties marginalisées après avoir été écartées des discussions préliminaires avec Zelensky à Londres.

Le paysage géopolitique est encore compliqué par une initiative controversée du président du Conseil européen, António Costa, visant à établir des canaux diplomatiques avec Moscou. Cette initiative a suscité des critiques de la part de plusieurs capitales de l’UE, certains dirigeants ayant fait valoir lors d’un récent sommet à Bruxelles que Costa avait agi sans coordination adéquate. Pour sa défense, Costa a soutenu qu’une ligne de communication directe avec le Kremlin était essentielle pour défendre les intérêts de l’Ukraine tant sur le plan militaire que diplomatique. (fc)

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