La NASA monte officiellement une équipe pour enquêter sur les OVNI: « Une recherche à haut risque et à fort impact »

Aux États-Unis, les recherches sur les objets volants non identifiés sont prises de plus en plus au sérieux. L’an dernier, un rapport du Pentagone avait déjà fait grand bruit. À présent, c’est la NASA elle-même qui s’empare du sujet.

« La NASA se lance à la chasse aux OVNI« . C’est ce qu’annonce le Washington Post ce jeudi, sur base des déclarations d’un haut responsable de l’agence spatiale américaine. Celle-ci est occupée à monter une équipe qui aura pour mission d’examiner « les observations d’événements qui ne peuvent être identifiés comme des avions ou des phénomènes naturels connus ».

Reconnaissant qu’il s’agit d’un domaine de recherche controversé, la NASA ne doit toutefois pas s’y soustraire, a expliqué Thomas Zurbuchen, responsable de la direction des missions scientifiques de l’agence. Pour lui, cette recherche est « à haut risque et à fort impact ». Il faut dire que depuis quelque temps, les lignes bougent outre-Atlantique.

Un rapport finalement décevant

Il y a quasiment pile un an, le Pentagone dévoilait un rapport très attendu. Son objet: les phénomènes aériens non identifiés (PAN). Un terme qui englobe une multitude d’événements observés dans le ciel sans que l’on puisse les expliquer, dont font partie les OVNI. Au total, via un programme conçu spécialement à cet effet, l’Office of Naval Intelligence – affilié au Pentagone – avait indiqué s’être concentré sur 144 observations de PAN par les forces armées américaines, principalement du personnel de la marine, de 2004 à 2021.

Toutefois, le rapport avait quelque peu déçu la population qui, échaudée par Barack Obama himself, s’attendait à du lourd. Peu précis, le document n’avait pas permis de tirer de conclusion vis-à-vis de ces observations. Encombrement aérien, phénomène atmosphérique naturel, programme de développement du gouvernement américain ou de l’industrie, engin étranger inconnu ou autre chose: les observations avaient été classées en cinq catégories d’explications potentielles. Les Américains étaient restés sur leur faim.

Et c’est bien pour faire la lumière sur ces toujours très mystérieuses observations que la NASA va créer une nouvelle unité.

« Les outils pour améliorer notre compréhension de l’inconnu »

La tâche de la NASA sera d’apporter une perspective scientifique aux efforts déjà entrepris par le Pentagone et les agences de renseignement pour donner un sens à toutes ces observations, a expliqué Thomas Zuburchen. Même si la NASA insiste sur le fait que rien ne prouve que ces PAN pourraient avoir une origine extraterrestre, ces nouvelles recherches s’inscrivent bien dans la mission de l’agence qui consiste à rechercher des signes de vie au-delà de la Terre, de l’étude de l’eau sur Mars à l’exploration des lunes de Saturne et de Jupiter.

« La NASA estime que les outils de la découverte scientifique sont puissants et s’appliquent ici aussi », a expliqué le représentant de l’agence spatiale américaine. « Nous avons les outils et l’équipe qui peuvent nous aider à améliorer notre compréhension de l’inconnu. C’est la définition même de ce qu’est la science. C’est ce que nous faisons. »

Concrètement, que va faire la NASA ?

Vous l’aurez compris, si la NASA s’engage sur ce terrain, cela ne veut pas pour autant dire qu’elle flaire l’origine extraterrestre sur l’un ou l’autre coup. Elle cherche surtout à apporter un peu de clarté sur un terrain où le Pentagone semble patauger.

Dans un premier temps, l’équipe s’attèlera simplement à « recueillir l’ensemble de données le plus robuste possible », a détaillé l’astrophysicien David Spergel, propulsé à la tête du programme. Sur cette base, les chercheurs tenteront ensuite de déterminer des « contraintes » sur ce que pourraient être ces PAN, de sorte à mieux délimiter leur champ de recherche.

Une fois ces premières missions accomplies, l’agence spatiale américaine analysera en détail ces phénomènes afin d’en tirer des conclusions sur leur potentiel danger pour les vols aériens, domaine qui fait partie de ses compétences. « On s’inquiète du fait que l’espace aérien est de plus en plus encombré par de nombreux types de véhicules différents », a confié Thomas Zuburchen.

« Les phénomènes non identifiés dans l’atmosphère présentent un intérêt tant pour la sécurité nationale que pour la sécurité aérienne », a ajouté la NASA, qui ne compte toutefois pas s’emparer de ce qui a trait à la sécurité nationale. « Établir quels événements sont naturels constitue une première étape clé pour identifier ou atténuer de tels phénomènes, ce qui s’aligne sur l’un des objectifs de la NASA, à savoir assurer la sécurité des avions. »

L’étude durera environ neuf mois et sera indépendante des efforts du Pentagone.

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