Principaux renseignements
- The Exploration Company cherche à lever 300 millions de dollars (environ 255 millions d’euros) pour garantir la souveraineté orbitale européenne.
- Les capsules réutilisables Nyx visent à remplacer la dépendance vis-à-vis des engins spatiaux américains et russes.
- Des échecs de vol répétés compromettent la transition vers un système pleinement opérationnel.
The Exploration Company négocie actuellement un tour de table d’environ 300 millions de dollars (environ 255 millions d’euros), ce qui pourrait porter la valorisation de l’entreprise à plus de 2 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d’euros). Bien que ces chiffres aient été révélés dans des articles de Bloomberg et du Financial Times, des sources proches du dossier précisent que l’accord n’est pas encore finalisé et que les conditions spécifiques restent susceptibles d’être modifiées ou de faire l’objet d’un éventuel échec.
Réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger
Cette start-up, fondée en 2021 par Hélène Huby, ancienne cadre chez Airbus, vise à réduire la dépendance de l’Europe vis-à-vis des engins spatiaux américains et russes. Son projet phare, Nyx, est une capsule réutilisable destinée au transport de fret et, à terme, d’astronautes.
Cette stratégie s’inspire du modèle économique de la capsule Dragon de SpaceX et vise à combler une lacune critique dans les capacités orbitales européennes, à savoir l’incapacité à ramener de manière autonome du matériel depuis l’espace.
Course à la souveraineté orbitale
Cette évolution coïncide avec la mise hors service imminente de la Station spatiale internationale, prévue vers 2030. À mesure que des stations commerciales privées émergeront pour prendre sa place, la demande en systèmes de transport fiables pour acheminer des fournitures et mener des recherches ne cessera de croître, une opportunité de marché que The Exploration Company se positionne pour saisir.
Cette volonté de « souveraineté orbitale » reflète une tendance plus large en Europe, où les investissements privés dans le secteur spatial ont récemment dépassé ceux des États-Unis, comme en témoignent les levées de fonds importantes réalisées récemment par des entreprises telles qu’Isar Aerospace.
Soutien stratégique et carnet de commandes
Les discussions de financement en cours incluraient, selon certaines sources, l’intérêt du fonds Scaleup Europe, géré par l’UE et supervisé par EQT. Un tel partenariat s’inscrirait dans l’objectif de l’entreprise de créer un écosystème spatial entièrement européen. Cela fait suite à un tour de table de série B de 160 millions de dollars (environ 136 millions d’euros) réalisé fin 2024, soutenu par Balderton Capital, Plural et des fonds soutenus par les gouvernements français et allemand.
L’entreprise revendique actuellement un carnet de commandes d’une valeur d’environ 770 millions de dollars (environ 655 millions d’euros), avec des clients tels que l’Agence spatiale européenne et Axiom Space.
Obstacles techniques et échecs de vol
Malgré cette dynamique financière, l’entreprise n’a pas encore réussi à mener à bien un cycle complet de récupération. Une tentative réalisée en juillet 2024 à l’aide de la fusée Ariane 6 a échoué lorsqu’un problème technique a laissé le véhicule bloqué dans l’espace. Plus récemment, en juin 2025, le vol « Mission Possible » a survécu à la rentrée atmosphérique mais a perdu le contact peu avant l’amerrissage, ce qui a conduit l’entreprise à qualifier cette tentative de « succès partiel ».
Voie vers la maturité opérationnelle
Les 300 millions de dollars (environ 255 millions d’euros) demandés seraient essentiels pour passer de prototypes expérimentaux à un système de fret pleinement opérationnel. Si la valorisation élevée témoigne d’une forte confiance des investisseurs dans le potentiel de l’entreprise, l’historique réel des vols reste un défi à relever. Ni EQT ni The Exploration Company n’ont publié de communiqué officiel concernant les négociations en cours.
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