La ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) a un énorme problème

Les séances dans l’hémicycle n’ont pas été agréables pour la ministre Dedonder. Car la commission de la Défense est dirigée par l’opposition, avec la N-VA, et son poids lourd Theo Francken, entre autres. Toujours prêts à surgir pour donner du fil à retordre à la ministre socialiste.

  • Mais la journée de jeudi s’annonce particulièrement délicate, car Mme Dedonder s’est mise dans de beaux draps lors du licenciement du général-major Philippe Boucké, patron du Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS). Il a été soudainement renvoyé vendredi, « d’un commun accord », a-t-on expliqué.
  • De plus, le cabinet de Dedonder a informé un certain nombre de journalistes que Boucké lui-même avait démissionné, qu’il ne voulait pas continuer. Et pendant ce temps, au sein de la Défense, une vague d’indignation et de protestation s’est levée. Selon les normes de l’armée, la publicité de cette colère a été particulièrement importante.
  • Ainsi, non seulement il y a eu ce soulèvement quasi-public, avec des généraux de haut rang exprimant leur mécontentement sur Twitter, mais il y a également eu des discussions sur les circonstances du départ de Boucké.
  • Hier, le chef de la Défense, l’amiral Michel Hofman, a tenté de calmer le jeu dans un courriel interne. Il y a également souligné qu’un tel licenciement était une décision politique.
  • Mais Boucké lui-même a remis en cause la version de Dedonder en faisant une déclaration sans équivoque sur Twitter.
  • « Le 8 juillet, le seul message que j’ai reçu était qu’ils voulaient me remplacer et même lancer une sanction disciplinaire à mon encontre.« 
  • « Le 14 juillet, j’ai été interrogé pendant une heure devant la commission parlementaire de la Défense. Le résultat du jour était connu, la plupart d’entre eux m’ont soutenu. »
  • « Le 15 juillet, le jour où il a été décidé de me remplacer, il y avait deux options sur la table. J’ai moi-même indiqué que je voulais continuer, à condition que le SGRS soit renforcé en personnel. La deuxième option était de me remplacer. Le choix est connu. »
  • Dedonder va donc devoir faire face au peloton d’exécution de la commission parlementaire jeudi. Il faudra faire attention à l’attitude de la majorité, notamment celle de l’Open Vld et du MR. Dans le passé, les libéraux ont eux aussi critiqué la ministre PS. Mais dans ce dossier, elle semble avoir été avoir l’ensemble des hauts gradés de l’armée contre elle.
  • Ce dernier point ne doit pas nécessairement constituer un problème. La Défense est, en fin de compte, un environnement très docile, où la volonté du ministre fait loi. À l’époque, le ministre PS André Flahaut a également pu faire cavalier seul en la matière, malgré les critiques ouvertes du partenaire gouvernemental Open Vld et d’une presse flamande très véhémente.

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