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La loi sur l’IVG n’est-elle qu’un écran de fumée pour l’Arizona? Les esprits ne sont de toute façon pas mûrs

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Politique

13/07/2020 | Baptiste Lambert | 7 min de lecture

Antwerps burgemeester Bart De Wever (N-VA). - Isopix

Depuis qu’une coalition Arizona est discutée, on n’avait pas encore entendu Bart De Wever. S’il voulait attirer l’attention, le président de la N-VA a réussi son coup. Sa sortie sur l’IVG, dont un nouveau vote doit avoir lieu jeudi au parlement, a fait l’actualité durant tout le week-end et est venue ajouter encore un peu plus de tensions dans les négociations gouvernementales. À dessein? Quoiqu’il se passe jeudi, l’Arizona n’est pas prête. Tout porte à croire qu’il faudra laisser passer l’été.

‘Je peux vous dire que si des partis donnent le feu vert à une loi que je trouve scandaleuse, ce sera compliqué de faire comme si de rien n’était avec eux le lendemain. C’est en fait impossible, ça ne fonctionnera pas. Si ces partis pensent qu’ils peuvent sur cette base former un gouvernement avec les socialistes, les communistes et les verts, ils n’ont qu’à le faire. Ce sera un gouvernement nul en Flandre, avec zéro soutien’. Bart De Wever n’a pas fait dans la dentelle sur la VRT. Il met une énorme pression sur ses potentiels partenaires d’une coalition Arizona (N-VA, MR, cdH, Open VLD, CD&V, sp.a), et en particulier sur les libéraux.

Mais dans quel but? Se montrer plus conservateur que le CD&V? Semer la zizanie au sein des libéraux? En y réfléchissant, cette sortie est plutôt une aubaine pour le MR et l’Open VLD. Ils peuvent pointer du doigt un parti qui bloque les négociations. Et se donner du temps.

Georges-Louis Bouchez (MR) et Egbert Lachaert (Open vld) n’ont d’ailleurs pas manqué cette occasion ce dimanche et ce lundi matin, en pointant du doigt l’attitude de la N-VA. Pour le président des libéraux francophones, ‘il faut garder la tête froide. Et ne pas trop se laisser impressionner par de telles phrases’. Il ajoute sur le vote de l’IVG ce jeudi à la Chambre: ‘Nous avons eu un processus parlementaire qui a durée plus d’un an. Il y a eu trois renvois au Conseil d’État, deux débats en commission et deux débats en séance plénière. Donc, c’est le moment du vote.’ La ligne n’a pas bougé: chacun au MR votera en son âme et conscience, pas de consignes de vote de la part du parti.

Le président des libéraux flamands a lui réagi sur Radio 1: ‘En envoyant des missiles dans les médias, vous n’aidez pas la consultation (…). Bart De Wever essaie d’en faire un jeu politique de parti. Mais ce n’est pas le cas: les députés sont libres.’

Gagner du temps

Bart De Wever n’est pas sorti dans la presse ce samedi pour organiser sa propre défaite. Son intention n’est pas de placer volontairement son parti dos au mur. Il sait que les esprits ne sont pas mûrs pour une potentielle coalition Arizona ou pour toute autre coalition d’ailleurs. Il lui faut donc gagner du temps.

Et avec le vote ce jeudi sur l’extention et la dépénalisation de l’avortement, la solution est toute trouvée. Car il fait peu de doutes que de nouveaux amendements seront déposés pour un énième renvoi au Conseil d’État. S’il s’agit pour de nombreux parlementaires d’un déni de démocratie, il s’agit pour les autres d’un nouveau délai, car le CE ne sera sans doute plus en mesure de se réunir et de donner son avis avant le 21 juillet et les vacances parlementaires.

En coulisses, le scénario Arizona a du plomb dans l’aile, quoi qu’en disent les ‘3 rois mages’ et leurs communiqués de presse communs. Qui veut vraiment de cette coalition? L’Open VLD certainement. Le MR peut lui voir venir jusque septembre, car il contrôle le gouvernement. La N-VA sait qu’elle ne peut pas trop compter sur le MR pour parler communautaire. Sa préférence est toujours de négocier un grand accord avec le PS dont certains membres n’ont jamais caché leur régionalisme. Le CD&V clame depuis des mois qu’il ne formera pas de gouvernement en cas de dépénalisation totale de l’avortement. L’épisode de la semaine dernière a porté un coup à la confiance avec les libéraux francophones. Joachim Coens veut trouver un accord négocié, autour d’une table, au sein d’un accord de gouvernement et pas via la voie parlementaire. Même son de cloche au cdH, seul parti francophone à faire de la résistance dans ce dossier.

Le débat n’est pas clos

Car le débat sur l’IVG n’est pas clos, certainement pas au nord du pays. Au sein même de l’Open VLD, tous ne sont pas en faveur d’une dépénalisation totale. Même un député Groen considère ‘qu’il y a des éléments qui vont trop loin et sont même dangereux’. Le débat ne porte pas tant sur les femmes, mais plutôt les médecins. ‘Si le médecin ou l’hôpital ne peuvent être punis, il n’y a de facto plus de limite’, a déclaré Stefaan Van Hecke dans De Standaard ce lundi.

De son côté, la N-VA, de par la sortie vigoureuse de son président, place le CD&V un peu plus dans son camp. Si une coalition Arizona échoue sur l’écueil de l’IVG, pourquoi rejoindrait-il soudainement une coalition Vivaldi sans les nationalistes ou une éventuelle tripartite version PS?

Tout ce petit monde doit donc gagner du temps. Un été pour apaiser les tensions et négocier un accord de relance. Avec le plus compliqué pour la fin: impliquer le sp.a et/ou le PS. On n’est plus à quelques mois près…

Source: BusinessAM


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