La loi sur l’avortement devra attendre l’été

epa

C’est une quasi-certitude. La loi sur l’extension et la dépénalisation totale de l’IVG ne sera pas votée cette semaine en séance plénière. Un nouveau renvoi devant le Conseil d’État est l’option la plus probable.

Depuis des mois, le dossier revient au-devant de l’actualité. Le dernier épisode en date a suscité de vives polémiques et l’indignation des partis en faveur. Mais en l’état, le CD&V et le cdH ne veulent pas de cette loi sur l’IVG. Par conviction.

D’autres l’utilisent davantage comme stratégie politique. C’est le cas de la N-VA qui a fait du précédent vote une condition de sa participation dans une coalition. Il s’agit davantage de tester les libéraux, d’accentuer la pression et de lier encore un peu plus le CD&V à son destin.

CD&V et N-VA veulent trouver une issue à ce dossier par la voie gouvernementale, après discussions, intégré dans un accord de coalition. Socialistes, libéraux et écologistes lui préfèrent la voie parlementaire: chacun est libre de voter selon ses convictions sur une question éthique par essence.

Si la loi est votée ce mercredi ou ce jeudi, les dernières estimations projettent une majorité. Malgré quelques hésitations chez les libéraux.

Mais le texte devrait être renvoyé au Conseil d’État après un nouvel amendement. C’est la N-VA qui sera cette fois en être à l’origine, poursuivant sa séquence entamée la semaine dernière. Cela a été confirmé par le président du CD&V, Joachim Coens, dans De Ochtend.

Le PS opère sa mue

Les négociations autour de l’Arizona ne reprendront qu’une fois cet épisode passé. L’IVG sera alors une nouvelle contrainte à la formation d’un gouvernement fédéral.

Une négociation qui devrait réintégrer les socialistes francophones. Paul Magnette l’a confirmé hier sur LN24, son parti est prêt à reprendre les discussions avec les nationalistes. La question est de savoir si cela se fera dans le cadre d’une coalition Arizona.

Le bourgmestre de Charleroi se dit même prêt à gouverner avec les nationalistes, mais vendra chèrement sa peau. On sait ce qui les divise: pension minimum, taxe sur la fortune, financement de la sécurité sociale… et désormais l’IVG. Il est illusoire que tous ces points de désaccord puissent trouver une issue favorable d’ici le 21 juillet et les vacances parlementaires.

PS et N-VA s’entendent néanmoins sur un seul point: le fait qu’une réforme de l’État est nécessaire. Sans doute pas dans la même direction toutefois selon les compétences. Mais ce tête-à-tête entre socialistes et nationalistes pourrait laisser les libéraux quelque peu sur le côté. Ce qui avait provoqué pas mal de complications en mars dernier, lorsqu’un gouvernement d’urgence avait failli aboutir avec les mêmes acteurs.