Principaux renseignements
- La France souhaite à nouveau porter à 250 000 le nombre annuel de visas délivrés aux ressortissants algériens.
- Les responsables politiques de droite condamnent cette décision, qu’ils qualifient de capitulation diplomatique.
- Les différends concernant le Sahara occidental et les droits de l’homme continuent d’attiser les tensions entre les deux pays.
La France souhaite à nouveau porter à 250 000 le nombre annuel de visas délivrés aux citoyens algériens, soit le même niveau qu’avant les récentes tensions diplomatiques entre les deux pays. C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, dans une interview accordée au média Tout sur l’Algérie. Romatet a souligné que l’augmentation du nombre de visas était essentielle pour maintenir les liens humains et veiller à ce que les citoyens ordinaires ne souffrent pas des frictions politiques entre les deux gouvernements.
Vives critiques de la droite
Cette initiative diplomatique a toutefois suscité de vives réactions de la part des formations politiques de droite et d’extrême droite en France. Jordan Bardella, chef du Rassemblement national, a qualifié cette décision de « capitulation » du gouvernement du président Emmanuel Macron face au gouvernement algérien.
Il a notamment invoqué le maintien en détention du journaliste français Christophe Gleizes pour justifier que la France ne devrait pas assouplir sa position. Ce sentiment a été repris par Éric Ciotti, qui a qualifié ce changement de politique de trahison et de source d’ »humiliation nationale ».
Critiques à l’égard de la fermeté diplomatique
Des critiques similaires ont été formulées par les Républicains. Bruno Retailleau a exprimé sa déception, suggérant que la diplomatie française est contrainte de céder en raison d’un manque de fermeté de la part de la présidence. Son collègue, François-Xavier Bellamy, est allé plus loin, affirmant que l’approche diplomatique actuelle constituait une forme de « soumission volontaire ».
Des tensions qui perdurent depuis des années
Les tensions actuelles remontent à 2024, lorsque la France a exprimé son soutien à un projet d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. L’Algérie, qui soutient le Front Polisario, a réagi en rappelant son ambassadeur.
Les relations se sont encore détériorées à la suite de l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal et d’un conflit juridique impliquant un fonctionnaire consulaire algérien accusé d’avoir enlevé une personnalité des réseaux sociaux sur le sol français. Ces événements ont conduit à l’expulsion de nombreux diplomates et au rappel temporaire de l’ambassadeur Romatet. Il est depuis rentré à Alger, la capitale algérienne, afin de gérer ces relations tendues. (lv)
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