Principaux renseignements
- La dette des régions et des entités régionales en Belgique a plus que doublé depuis 2008.
- Selon un rapport du Bureau du Plan, Bruxelles et la Wallonie seront confrontées à des niveaux d’endettement ingérables d’ici 2031.
- La Flandre conserve une situation financière stable par rapport aux autres régions.
Une analyse récente du Bureau fédéral du Plan (BFP) révèle une tendance inquiétante concernant la santé budgétaire de la Belgique, soulignant que la part de la dette nationale détenue par les gouvernements régionaux et communautaires est passée de 8,4 pour cent en 2008 à 18,4 pour cent aujourd’hui.
Sur la dette nationale totale de 692 milliards d’euros — soit environ 108 pour cent du PIB —, environ 128 milliards d’euros sont désormais imputables à ces entités fédérées. Cette évolution a conduit le BFP à s’interroger sur la viabilité à long terme des dépenses régionales et sur leur impact sur la stabilité économique globale du pays.
Bruxelles confrontée à une dette ingérable
La région de la capitale est confrontée aux perspectives les plus sombres, son niveau d’endettement devant devenir ingérable d’ici 2031. Les projections indiquent que la dette de Bruxelles passera de 250 pour cent de ses recettes disponibles ajustées en 2025 à 328 pour cent d’ici 2031. Cette trajectoire persiste malgré les tentatives de réduction des déficits et une période de gel des dépenses pendant la formation d’un nouveau gouvernement.
Le FPB attribue cette instabilité aux coûts d’investissement élevés depuis 2018 et à l’impact financier durable de la pandémie, avertissant que la région disposera de très peu de marge de manœuvre pour ajuster ses impôts ou ses dépenses une fois que la dette aura atteint des niveaux aussi critiques.
Les difficultés budgétaires de la Wallonie
La Wallonie devrait atteindre un ratio dette/recettes tout aussi élevé, à 327 pour cent, d’ici 2031, en grande partie en raison des coûts liés à la pandémie et des conséquences des inondations de 2021. Bien que le FPB continue de qualifier la dette de la Wallonie d’insoutenable, la région dispose d’un potentiel de redressement budgétaire plus important que Bruxelles ou la Flandre.
Comme on pouvait s’y attendre, le gouvernement wallon a pris acte de ces conclusions, le ministre-président Adrien Dolimont s’appuyant sur ces données pour plaider en faveur d’une viabilité financière plus stricte dans un contexte macroéconomique difficile.
Options limitées pour la Communauté francophone
La Communauté francophone se trouve également dans une situation précaire, son ratio d’endettement devant passer de 117 pour cent en 2025 à 158 pour cent d’ici 2031.
Comme cette entité n’a pas le pouvoir de générer ses propres recettes fiscales et dépend entièrement des transferts budgétaires, sa capacité à résorber ces déficits est fortement limitée. Cela a ravivé les débats politiques concernant l’efficacité de la structure actuelle de gouvernance et de financement.
La Flandre maintient sa stabilité
En revanche, la Flandre conserve une situation financière nettement plus solide. Bien que sa dette ait augmenté à la suite de la crise énergétique et de la pandémie, elle devrait se stabiliser à partir de 2027 grâce à la réduction des déficits budgétaires.
D’ici 2031, la dette de la Flandre devrait s’élever à 118 pour cent de ses recettes, un niveau que le FPB considère comme présentant un « faible risque » d’instabilité.
La nécessité d’une surveillance budgétaire unifiée
En fin de compte, le FPB suggère que, pour que la Belgique respecte les objectifs de déficit de l’Union européenne, le gouvernement fédéral ne peut pas se concentrer uniquement sur les chiffres nationaux ; il doit également surveiller de près les trajectoires budgétaires de ses différentes régions et communautés. (fc)
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