Principaux renseignements
- La Wallonie doit réduire ses dépenses de près de 800 millions d’euros pour équilibrer son budget d’ici 2029.
- La dégradation de la note de crédit par Moody’s augmente les intérêts de la dette et aggrave cette crise budgétaire.
- Les partenaires de la coalition s’affrontent sur la question de savoir s’il faut réduire les prestations sociales ou augmenter les tarifs des services publics.
Le gouvernement wallon est confronté à un défi financier colossal alors qu’il tente d’équilibrer son budget d’ici 2029. Le ministre-président Adrien Dolimont a qualifié l’ampleur de l’effort requis de « gigantesque ». C’est ce que rapporte De Standaard.
L’administration devant trouver entre 600 et 700 millions d’euros au cours des trois prochaines années pour combler un déficit dépassant les 2 milliards d’euros. Certains responsables, comme le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet, estiment que ce besoin structurel pourrait en réalité avoisiner les 800 millions d’euros. Cela représente une forte augmentation par rapport aux années précédentes, où les coupes budgétaires étaient relativement minimes, s’élevant au total à environ 268 millions d’euros.
Tendance belge
Cette pression budgétaire reflète des tendances plus générales observées dans toute la Belgique. Le gouvernement fédéral doit trouver 10 milliards d’euros d’ici 2029, tandis que la Flandre doit mettre en œuvre des mesures représentant 1,6 milliard d’euros d’ici 2030 pour maintenir la stabilité.
En Wallonie, la situation précaire est due à l’instabilité géopolitique mondiale au Moyen-Orient et à la dégradation de la note de crédit par Moody’s à Baa1. Cette note inférieure indique un risque modéré pour les prêteurs, ce qui entraîne une hausse des taux d’intérêt que la région doit payer sur ses dettes.
Tensions entre le MR et Les Engagés
Afin de se préparer aux négociations officielles qui débuteront en septembre, Dolimont a déjà commencé à gérer les attentes du public. Il a averti dans une interview que les objectifs fixés dans l’accord de gouvernement de juillet 2024 sont insuffisants et que des coupes plus importantes seront nécessaires. Cette stratégie préventive fait écho à une approche similaire adoptée par les dirigeants de la Communauté française lors de précédentes vagues d’austérité.
En interne, ce processus est compliqué par des frictions entre les partenaires de la coalition, le MR et Les Engagés, qui ont récemment dû faire face à des frustrations mutuelles et à des tensions politiques.
Réductions ou revenus supplémentaires
Les solutions proposées pour combler le déficit varient en fonction de l’idéologie des partis. Le MR s’oppose fermement à l’introduction de nouvelles taxes sur les entreprises ou à la réduction des aides à l’investissement, prônant plutôt une rationalisation de l’appareil administratif. Parmi les cibles potentielles d’économies figurent le « paquet de croissance » (allocations familiales), que Dolimont a critiqué comme étant excessivement généreux, et la déductibilité fiscale des chèques-services — un avantage propre à la Wallonie.
À l’inverse, Les Engagés ont suggéré d’autres sources de recettes, telles que l’augmentation des tarifs des transports en commun (TEC) ou de l’eau potable. D’autres discussions portent sur la révision de la mise en œuvre des allègements fiscaux sur les successions, dont l’entrée en vigueur n’est prévue qu’en 2028. Par ailleurs, une proposition vise à augmenter les recettes fiscales générées par les jeux d’argent et les paris. (fc)
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