Bart De Wever vise une économie de 10 milliards d’euros : voici les propositions sur la table


Principaux renseignements

  • Le Premier ministre Bart De Wever vise une économie de 10 milliards d’euros d’ici 2029 afin de réduire le déficit budgétaire fédéral.
  • Les divergences politiques entre les partenaires de la coalition empêchent de réaliser des économies importantes sur les voitures de fonction, les soins de santé et les hausses de TVA.
  • Les dirigeants gouvernementaux doivent élaborer un compromis fragmenté, composé de coupes mineures et de prévisions de croissance.

Le Premier ministre Bart De Wever mène un exercice budgétaire ambitieux visant à dégager environ 10 milliards d’euros d’ici 2029 afin d’endiguer la hausse du déficit fédéral. Alors que la Commission de suivi avait suggéré un minimum de 7,7 milliards d’euros, le gouvernement s’est fixé un objectif plus ambitieux. Plutôt que de présenter une proposition unique traditionnelle, De Wever a proposé un « menu » complet de mesures potentielles, issu de plus de 250 options compilées par le Bureau fédéral du Plan et d’autres organismes de recherche.

Voitures de fonction

L’une des options les plus lucratives, mais aussi les plus controversées, consiste à réformer les avantages fiscaux liés aux voitures de fonction, ce qui pourrait rapporter plus de 5 milliards d’euros si l’usage privé était imposé comme un revenu ordinaire.

Cette mesure se heurte toutefois à une forte résistance politique. Le cd&v a fermement rejeté cette idée, et un tel changement radical ne suscite guère d’enthousiasme au sein de la N-VA et du Vooruit.

Secteur de la santé

Le secteur de la santé est une autre cible principale des économies. Réduire le taux de croissance des dépenses de santé permettrait d’économiser entre 3,3 et 4,5 milliards d’euros. Alors que la N-VA et le MR soutiennent ces mesures d’efficacité, Vooruit et Les Engagés tiennent à préserver les soins aux patients et les accords existants.

Des propositions plus radicales, telles qu’une franchise médicale imposant aux patients de payer une franchise annuelle importante — ce qui permettrait d’économiser jusqu’à 4,7 milliards d’euros —, sont largement considérées comme politiquement irrealisables. Des ajustements plus modestes, tels que l’augmentation des tickets modérateurs ou la réforme des prestations pour les résidents à faibles revenus, font toujours l’objet de discussions.

Fiscalité

Les politiques du travail et fiscales occupent également une place importante dans le débat. Des voix s’élèvent pour limiter les avantages fiscaux des « flexi-jobs », que le cd&v considère comme un fardeau pour la sécurité sociale, tandis que la N-VA les défend en tant qu’outil en faveur de l’emploi.

En matière fiscale, une augmentation de 1 pour cent de la TVA pourrait rapidement générer 3 milliards d’euros, mais le MR oppose un veto catégorique à cette mesure, arguant que la charge fiscale en Belgique est déjà trop élevée. À l’inverse, Vooruit et Les Engagés plaident en faveur d’un impôt sur la fortune pour les actifs supérieurs à 500 000 euros, une mesure à laquelle le MR et la N-VA s’opposent fermement.

Georges-Louis Bouchez MR mei 2026
Georges-Louis Bouchez (MR) – Source : Peter De Smedt / Content Curation

Dépenses publiques

Du côté des dépenses, le MR propose un modèle de gouvernement allégé, suggérant que trois fonctionnaires sur cinq partant à la retraite ne soient pas remplacés et que le nombre de tribunaux et de gares soit réduit. Un large consensus transpartis s’est dégagé sur la réduction du coût de la vie politique elle-même, en diminuant le nombre de ministres et en réduisant la taille des gouvernements.

Par ailleurs, le gouvernement envisage de revoir les subventions aux entreprises afin de s’assurer qu’elles stimulent réellement la productivité.

Activation de la main-d’œuvre

Parmi les autres stratégies figurent le renforcement de la réinsertion professionnelle des personnes en arrêt maladie de longue durée afin d’augmenter les recettes fiscales, ainsi que le recours à la croissance économique prévue, qui devrait rapporter environ 1,5 milliard d’euros.

Alors que le MR et Les Engagés sont favorables à la croissance et aux baisses d’impôts sur le travail, les détracteurs soulignent que les prévisions économiques sont moins certaines que les modifications directes apportées à la fiscalité ou aux dépenses.

La recherche d’un compromis politique

En fin de compte, la voie vers les 10 milliards d’euros passera probablement par un compromis fragmenté. Étant donné que chaque mesure majeure à fort rendement est bloquée par au moins un partenaire de la coalition, le plan final consistera probablement en un mélange de coupes structurelles, d’ajustements fiscaux mineurs, de réformes des prestations sociales et de prévisions de croissance optimistes.

Le défi ne consiste pas à trouver l’argent, mais à trouver une combinaison de mesures que les cinq partis puissent tolérer sur le plan politique. (fc)

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