Des fichiers divulgués révèlent l’existence d’un trafic d’armes secret entre la Russie et l’Iran


Principaux renseignements

  • La Russie a mis en place un réseau clandestin d’approvisionnement en armes pour fournir à l’Iran des hélicoptères d’attaque et des véhicules blindés.
  • Des pseudonymes secrets et des entités offshore masquent les flux financiers et logistiques liés à ces armes.
  • Cette alliance systémique intègre la technologie chinoise pour contourner les sanctions internationales jusqu’en 2029.

Des documents internes divulgués provenant du secteur de la défense russe – via United24Media – ont révélé l’existence d’un partenariat militaire sophistiqué et de longue haleine avec l’Iran, impliquant le transfert clandestin d’hélicoptères d’attaque et de véhicules blindés de transport de troupes. Ces documents suggèrent qu’il ne s’agit pas de transactions isolées, mais que Moscou a mis en place un réseau d’approvisionnement en armes complet destiné à contourner les sanctions internationales, dont les opérations devraient se poursuivre au moins jusqu’en 2029.

Hélicoptères de combat Mi-28NE

L’un des principaux piliers de cette coopération a été la livraison de 24 hélicoptères d’attaque Mi-28NE. Lancé dans le cadre d’un accord conclu en 2020 avec l’agence d’État chargée des exportations, Rosoboronexport, le programme a utilisé une série de pseudonymes pour dissimuler l’identité de l’Iran, désignant le pays sous les noms de « Client étranger 364 » ou « GP 364 » et les appareils sous celui de « produit 2983 ».

L’opération a mobilisé un large éventail d’entreprises spécialisées, notamment Rostvertol pour la fabrication et le Bureau d’études de fabrication d’instruments de Ramenskoye pour l’électronique aéronautique.

Secret opérationnel

Au-delà du matériel, la Russie a investi dans la capacité opérationnelle à long terme de l’armée de l’air iranienne. La société Dinamika a développé un simulateur de vol avancé sur une plateforme dynamique pour former les pilotes et techniciens iraniens.

Des preuves du caractère secret du programme ont fait surface fin 2025, lorsque Rostvertol a ordonné que les étiquettes « livraison à l’exportation » soient retirées des composants et remplacées par du texte en anglais afin de dissimuler l’origine et la destination de l’envoi.

Véhicules blindés

Parallèlement à l’accord aéronautique, la Russie a lancé une livraison massive de véhicules blindés Spartak. Ce qui avait commencé par un modeste accord conclu en 2024 entre l’usine de construction mécanique d’Arzamas (AMZ) et la société iranienne Brilliance Industrial Company a rapidement pris de l’ampleur.

En avril 2025, la commande s’élevait à 82 véhicules destinés au ministère iranien de l’Intérieur. Des stratégies internes indiquent en outre des projets de livraison de 120 unités supplémentaires d’ici 2027, ce qui porterait potentiellement le total à plus de 200 véhicules, avec l’ajout éventuel de véhicules blindés Atlet.

Ce programme de véhicules blindés comprenait également l’intégration de 80 systèmes de surveillance SVVM-2 de fabrication chinoise, soulignant une synergie militaire tripartite entre la Russie, la Chine et l’Iran. À cette fin, des techniciens iraniens se sont rendus en Russie pour suivre une formation pratique à la maintenance.

Logistique et évasion financière

La logistique de ces transferts était tout aussi clandestine. Le cargo russe « Kompozitor Rakhmaninov » — déjà soumis à des sanctions américaines — a été utilisé pour transporter les véhicules blindés. Sur le plan financier, les partenaires ont contourné les systèmes bancaires traditionnels en acheminant des paiements de plusieurs millions d’euros via Trinity Limited LLC, une entité offshore basée aux Îles Marshall.

Dans leur ensemble, ces révélations mettent en évidence une alliance militaro-industrielle systémique. En combinant finance offshore, transport maritime soumis à des sanctions, documentation codée et infrastructure de formation complète, la Russie et l’Iran ont mis en place une chaîne d’approvisionnement résiliente, capable de maintenir une coopération militaire de haut niveau malgré la pression internationale. (fc)

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