La dernière lubie des riches: les coffres-forts

L'entrée des coffres-forts de la banque HSBC à Hong Kong
EPA/ALEX HOFFORD

Les riches du monde entier ont un nouvel objet de convoitise: les chambres fortes et les coffres-forts. Les demandes de location explosent, affirment plusieurs prestataires de ce service.

‘Chaque semaine, nous recevons des appels pour louer une chambre forte au tarif de 2,5 millions de livres (environ 2,9 millions d’euros) par an’, déclare Sean Hoey, directeur général d’IBV London, une firme qui loue ce type d’espaces, et propose en plus 550 coffres-forts à la location à Londres. D’autres prestataires affirment qu’ils parviennent à en louer jusqu’à cinq chaque jour.

Les demandeurs sont des personnes riches qui souhaitent y stocker leur or, leur argent liquide, ou leurs avoirs en monnaie virtuelle à l’abri d’une récession mondiale. Une enquête menée auprès des clients d’UBS Global Wealth Management a révélé qu’une majorité d’investisseurs fortunés accumulent actuellement des sommes en espèces en prévision d’un krach dont ils anticipent qu’il pourrait se produire avant la fin de l’année prochaine.

Les coffres-forts pour éviter les intérêts négatifs

Pour certains, c’est aussi un moyen d’éviter de payer des intérêts négatifs sur des comptes bancaires bien garnis. ‘La conservation d’espèces est devenue une activité importante pour nous’, explique un employé de la firme suisse Swiss Gold Safe. Celle-ci facture 4.039 francs suisses (environ 3.680 euros) la location annuelle d’un tel coffre. C’est moins cher que la potentielle charge d’intérêts négatifs pour les plus nantis.

Enfin, d’autres redoutent les désastres naturels. Aux Etats-Unis, où les 25 millions de ces coffres-forts du pays étaient passés de mode, on enregistre une forte reprise des demandes. Les catastrophes météorologiques et les incendies les rendent indispensables pour sécuriser les actifs des plus fortunés. De même, ils sont incontournables pour les entreprises du secteur de la marijuana qui n’ont toujours pas accès au système bancaire, car la drogue demeure illégale au niveau fédéral.

Quelques inquiétudes

En attendant, l’apparition de nombreux établissements non-bancaires qui proposent ces services inquiète les autorités suisses, qui se demandent s’ils ne vont pas offrir une merveilleuse opportunité pour le blanchiment d’argent. De plus, il sera peut-être compliqué pour certains clients de dissiper les soupçons des services de compliance de leur banque lorsqu’ils voudront redéposer sur leur compte des liquidités qui avaient été stockées dans l’un de ces coffres-forts.

Enfin, les coffres ne sont pas invulnérables. En 2015, des cambrioleurs ont percé les murs d’une chambre forte dans le quartier Hatton Garden de Londres (qui est celui des diamantaires). Ils sont ainsi parvenus à s’emparer de 18 millions d’euros de bijoux.